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Être progressiste en 2018

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Ce n’était un secret pour personne : Alexandre Taillefer rêvait de faire de la politique et préparait son entrée au Parti libéral.

L’homme est très intelligent. On ne le savait pas aussi très maladroit. En annonçant qu’il rejoignait le PLQ parce que ses convictions rejoignaient les « positions progressistes de monsieur Couillard », il a suscité l’hilarité générale.

Politique

Un peu comme la recrue du régiment qui joue avec les grenades et s’en fait exploser une au visage, Alexandre Taillefer a joué avec des mots qu’il maîtrisait peu et l’un d’entre eux lui a éclaté en pleine face. On appelle ça rater son entrée en politique.

Mais au-delà de la moquerie, il vaut la peine de se questionner : que veut dire être progressiste en 2018 en Occident ? S’agit-il seulement d’une étiquette vertueuse sans contenu qu’on s’approprie pour afficher devant tout le monde sa supériorité morale ?

Un peu d’histoire : depuis la fin des années 1990, en politique, la référence au progressisme a peu à peu remplacé la référence à la gauche, qui avait une dimension économique et posait la question de la réforme du capitalisme. Mais dans notre société mondialisée, on ne remet plus vraiment en question le capitalisme.

Le progressisme, aujourd’hui, se présente comme une position morale en faveur d’une société mondialisée qui fait tomber les frontières, encourage une conception radicale du libre-échange, l’immigration massive et se montre favorable au multiculturalisme et aux accommodements raisonnables.

Capitalisme

Cette posture est de bon usage pour les grands de ce monde qui veulent s’offrir à peu de frais une bonne réputation. Si en plus, ils chantent les louanges du capitalisme vert et de la parité hommes-femmes, on leur donnera le Bon Dieu sans confession.

Peu importe ensuite si le gouvernement coupe dans les services à la tronçonneuse et abandonne les démunis au bord du chemin. C’est un petit détail. Il est progressiste !