/misc
Navigation

Investir dans l’art peut rapporter gros

Coup d'oeil sur cet article

Question: La collection Rockefeller s’est envolée pour 650 M$ US. Le marché de l’art, c’est rentable ?


Réponse: Oui, beaucoup, à condition d’y mettre le temps.

Vendue 650 M$ US pendant trois jours en début de semaine chez Christie’s à New York, la collection de Peggy et David Rockefeller fut qualifiée de vente du siècle, avec plus de 1000 œuvres offertes. Ainsi, la Fillette à la corbeille fleurie, de Picasso, a trouvé preneur à 115 M$ US. Nymphéas en fleur, de Monnet, est parti pour 84,6 M$ US, tandis qu’Odalisque couchée aux magnolias, de Matisse, a récolté 80,7 M$ US.

Mais on est loin des 179,4 M$ US versés pour Les femmes d’Alger de Picasso en 2015, ou le Salvador Mundi de Leonard de Vinci, vendu 450,3 M$ US en novembre.

Au Canada, le Vent du nord, une toile de Jean-Paul Riopelle, s’est vendue 7,4 M$ chez Heffel en mai 2017. En novembre 2016, Heffel avait vendu Mountain Forms de Lawren Harris pour 11,2 M$.

Collectionneurs

Le magazine The Economist a souvent écrit que le marché de l’art, qui est millénaire, génère les rendements les plus intéressants, mieux encore que la Bourse.

Parti de 500 000 collectionneurs en 1945, le marché mondial en compte aujourd’hui 70 millions. Depuis la crise financière de la fin des années 2000, banques, assureurs et fonds d’investissement s’y intéressent. De plus, 700 musées de stature internationale ouvrent leurs portes chaque année dans le monde (les trois quarts en Chine).

Croissance au rendez-vous

Ainsi, une œuvre évaluée aujourd’hui à 30 000 $ générerait un rendement annuel moyen de 9 %, et de 12 % à 15 % pour une œuvre de 150 000 $, selon Artprice. De 2000 à 2016, le prix des œuvres d’art offertes en ventes publiques a monté de 91 % (43 % pour l’art contemporain), comparé à 40 % pour le S&P500. Certaines années, il y a des creux, comme l’indique l’indice mondial de l’art Mei Moses, en baisse de 3,1 % en 2015 (comparé au S&P : +7,14 %).

Au Québec, un rendement annuel moyen de 8 % est considéré comme normal. Mais on doit s’attendre à conserver une œuvre au moins 10 ans !

Évidemment, l’art ancien et moderne est désormais hors de prix, car personne ne vend désormais des œuvres de qualité muséale pour moins de 15 M$. Mais l’art contemporain regorge d’opportunités.

Tous les experts et collectionneurs québécois vous le confirmeront : pas besoin d’être millionnaire pour investir. Avec 500 $, on peut acheter une toile d’un artiste émergent prometteur. Beaucoup d’œuvres intéressantes se vendent sous les 3000 $.

Mais il faut y mettre du temps : comprendre le marché, étudier l’histoire de l’art, lire, courir galeries, musées et encans, étudier les catalogues, le CV d’un artiste, les lieux où il a exposé, les collections où ses œuvres se retrouvent, notamment chez les musées, s’il est une vedette, etc.

Finalement, un critère suprême : l’œuvre doit nous plaire !