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Les médias vraiment en difficulté

La Presse (OSBL)
Photo Pierre-Paul Poulin Guy Crevier

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, sont des expertes dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

Mardi, on apprenait que le quotidien La Presse devenait un OSBL. Guy Crevier, l’éditeur du journal, a évoqué à plusieurs reprises les difficultés des journaux à survivre à l’ère numérique.

Les faits

« Quand on regarde ce qui s’est passé depuis 2005 dans les journaux, on a perdu 66 % de nos revenus publicitaires au Canada. C’est gigantesque ! », s’est-il exclamé.

Guy Crevier a raison, la grande perte de revenus publicitaires mène la vie dure à la presse écrite.

Joint cette semaine, il nous a référé à un rapport de la firme d’analyse Zenith publié en septembre 2017, qui confirme qu’entre 2005 et 2017, les revenus provenant de la publicité dans les journaux canadiens ont chuté de 66 %, soit de 1,8 milliard de dollars. Cette chute laisserait un maigre revenu de 900 M$ provenant de la publicité pour l’ensemble de la presse papier au Canada.

Selon les données recueillies par News Media Canada, la perte de revenus publicitaires dans les journaux au Canada se chiffre à 42 % entre 2005 et 2016. Des chiffres légèrement moins alarmants, mais qui viennent tout de même confirmer que l’arrivée d’internet a bouleversé le modèle d’affaires des journaux, qui ont toujours pu compter sur la publicité pour être rentables.

Cette baisse de revenu s’explique par l’entrée en jeu de deux gros joueurs, Google et Facebook, qui grugent en 2017 35 % de l’ensemble des revenus publicitaires canadiens, toutes plateformes confondues, d’après un rapport du Forum des politiques publiques.