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Michaëlle Jean, dehors!

Michaëlle Jean
Photo Pierre-Paul Poulin Avec Michaëlle Jean, la Francophonie régresse.

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Quand Michaëlle Jean est devenue secrétaire générale de la Francophonie, sa crédibilité était déjà quasiment nulle dans son propre pays.

De ce côté-ci de l’océan, il n’y avait manifestement que les membres des gouvernements Harper et Couillard pour trouver que ça avait du bon sens.

Forte de cet appui, l’ancienne gouverneure générale du Canada a été élue. Et depuis, elle poursuit les frasques qui ont valu le désamour de ses concitoyens à l’ex-journaliste respectée : attitude hautaine, conception monarchique de sa personne et dépenses inconsidérées, notamment au bénéfice de son époux, un ancien révolutionnaire très investi de son statut de vice-roi.

Quand ça se passait ici, à la limite, c’était cocasse. Ça ne faisait que rendre plus opaque l’aura d’obsolescence qui entoure la fonction qui rend fou.

Gênant

Là, ça devient gênant. Toujours convaincue d’être au-dessus des élus, l’ancienne passionaria de Radio-Canada ridiculise ceux qui l’ont appuyée.

Après s’être indignée qu’on dénonce le demi-million de dollars investi dans les rénovations de son appartement de fonction, elle a tenté de camoufler qu’une croisière sur un bateau d’époque pour des jeunes issus de pays francophones avait coûté plus d’un million de dollars. Québec et Ottawa s’étaient pourtant opposés à ce que l’aventure coûte plus de 400 000 $.

L’affaire révélée par Le Journal, l’époux de Michaëlle Jean l’a qualifiée de mensonge, lui qui profite d’un chauffeur payé par l’OIF. Or, nous avons publié cette semaine un courriel d’un cadre de l’organisation qui confirmait que la facture du projet pourrait encore augmenter, comme s’y attendaient, depuis le début, semble-t-il, plusieurs personnes en position de responsabilité.

De la monarchie à la dictature

Mme Jean, qui n’a jamais recueilli le vote d’un seul citoyen, semble s’être laissée contaminer par les pratiques des dictatures, où l’on ne rend pas de comptes au peuple de l’usage qu’on fait de son argent. Quand on sait qu’elle était déjà portée sur la dépense, c’est problématique.

C’est d’autant plus malheureux qu’elle a succédé au Sénégalais Abdou Diouf, un homme d’une grande dignité, qui a su guider son pays sur la voie du pluralisme politique, au point d’en faire l’une des démocraties les plus saines du continent africain. Avec Michaëlle Jean, la Francophonie régresse.

Jusqu’ici, la secrétaire générale sortante n’avait pas de concurrent en vue de sa réélection à l’automne. Ce n’est plus le cas. Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, veut l’affronter. Il serait intéressant de voir une femme issue du continent africain à ce poste, d’autant plus que cela pourrait rapprocher de l’esprit francophone le pays du président Paul Kagamé, de plus en plus tourné vers l’anglais. Déjà, elle a obtenu l’appui de la France.

Devant une telle situation, Philippe Couillard et Christine Saint-Pierre n’ont plus le choix. Puisqu’on ne peut compter sur Justin Trudeau, qui voit lui-même son rôle comme celui d’une mascotte, le gouvernement du Québec doit cesser de soutenir Michaëlle Jean, où en répondre devant ses propres concitoyens.

Il en va de la crédibilité de l’Organisation internationale de la Francophonie ici-bas et de celle du Québec au sein du seul forum où il peut parler de plein droit.