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Placement «coûteux» dans Bombardier Transport

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En acquérant une participation de 30 % de Bombardier Transport au lieu d’un bloc d’actions de la société mère Bombardier, la haute direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec privera la Caisse d’un manque à gagner d’au moins un milliard de dollars canadiens.

Pourquoi ? Parce que depuis l’annonce de l’investissement de la Caisse dans le sauvetage de Bombardier, le 19 novembre 2015, l’action de la multinationale québécoise a grimpé énormément plus que la valeur marchande de sa division de Bombardier Transport (BT Holdco).

L'explication

Lors de l’annonce de l’entente de l’investissement de 1,5 milliard $ US (2 milliards canadiens) de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans Bombardier, l’action s’échangeait à un cours moyen de 1,28 $ pièce.

Le titre de Bombardier (BBD.B) se négocie ces temps-ci autour des 4,20 $, en hausse de 228 % par rapport à la mi-novembre 2015.

Pendant ce temps-là, la valeur marchande de la participation de la Caisse dans Bombardier Transport se serait appréciée de quelque 38 %, selon une évaluation de la firme Desjardins Capital Makets. C’est bien... mais fort « peu » par rapport à la hausse du titre de Bombardier.

Pourquoi un si grand écart d’appréciation ? Parce que la Caisse a payé un prix très élevé pour mettre la main sur la part de 30 % de Bombardier Transport.

À preuve, le 19 novembre 2015, la capitalisation boursière de Bombardier (valeur en Bourse) s’élevait à 2,9 milliards.

À combien les Beaudoin-Bombardier évaluaient-ils la seule division de Bombardier Transport ? À 6,5 milliards $ canadiens, soit plus de deux fois la valeur boursière de l’ensemble de la compagnie.

Et Michael Sabia et ses conseillers de la Caisse ont ainsi accepté de se faire refiler leur participation dans Bombardier Transport à un prix si exorbitant à l’époque de la transaction.

Cela dit, d’ici février 2019, moment où Bombardier pourra racheter la participation de la Caisse, la firme Desjardins Capital Markets estime que le placement de 1,5 milliard $ US de la Caisse devrait valoir autour de 2,3 milliards $ US, soit 800 millions $ US de plus (1 milliard $ canadien). Pour une appréciation de 53 %, soit quatre fois moins que la hausse du cours de l’action de Bombardier jusqu’à présent.

Le profit anticipé

À ce profit potentiel de 1 milliard $ canadien sur la valeur de la participation de la Caisse dans Bombardier Transport s’ajoute une plus-value de 212 millions sur les bons de souscription que Bombardier a octroyés à la Caisse.

Au total donc, si aucune mauvaise surprise ne vient bousiller les prévisions de Desjardins Capital Markets, la Caisse devrait s’en tirer avec un profit estimé à 1,2 milliard $ canadien.

C’est intéressant. Mais sachez que la Caisse aurait pu facilement doubler ce profit (à 2,4 milliards) si elle avait obtenu des actions de Bombardier au lieu d’une participation dans Bombardier Transport.

Et c’est conservateur comme prévision, car je fais référence à des actions (1,91 $) qui auraient été acquises à une prime de 49 % sur le cours (1,28 $) du 19 novembre 2015 !