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Plaisirs de table et autres plaisirs...

Plaisirs de table et autres plaisirs...
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À quelle activité pensez-vous lorsque vous souhaitez faire davantage connaissance avec quelqu’un nouvellement rencontré ? Le restaurant ! Partager un repas est bien plus qu’une question de ne pas se laisser mourir de faim, c’est un moment d’échanges et de plaisirs. La façon de manger ainsi que les choix d’aliments peuvent en dire bien long sur la personnalité d’un individu. Et cette relation à la nourriture est loin d’être au beau fixe ! Pour certains manger est un calvaire alors que pour d’autres c’est le point focal de leur vie. Peut-on établir des liens entre le coup de fourchette et la vie sexuelle ? Osons...

L’alimentation émotionnelle

Il arrive assez souvent que la nourriture fasse office de régulateur de carences émotionnelles : se remplir la panse de sucreries après une rupture, grignoter par ennui, vomir un repas par compulsion... Bref, à travers le rituel vital de se nourrir, certaines personnes y voient également une façon de tenter de gérer les préoccupations et les tourments intérieurs. Une lectrice raconte : « J’ai toujours lutté contre mon poids. Avoir quarante kilos en trop c’est l’histoire de ma vie. Mes bilans médicaux ne sont pas vraiment bons et malgré cela, je continue de vouloir maigrir sans y parvenir. Je suis célibataire et quand je rencontre des hommes, j’évalue beaucoup leur lien avec la nourriture lorsque nous sortons au restaurant. Les hommes aiment me voir manger et imaginent, avec raison, que je suis gourmande au lit aussi ! Oui, j’aime le sexe comme j’aime la bouffe. Mais j’ai réalisé que souvent, lorsque mes émotions sont en dents de scie, je compense par la nourriture ou même le sexe. C’est un cercle infernal dont je tente de me sortir. Un jour, peut-être ! »

Alors, assez fréquemment, les gens qui réalisent manger de façon compulsive, ressentent également un mélange d’émotions : satisfaction, culpabilité. Cela peut devenir, pour plusieurs personnes, la seule façon d’avoir le contrôle lorsque des situations leur échappent. S’octroyer une récompense alimentaire devient alors une façon de réguler les émotions...

Et le lien avec la sexualité ?

Le plaisir lié à ce qui passe par la bouche lors de l’alimentation en est un qui s’est développé dès l’arrivée dans ce monde. Le besoin de se nourrir est instinctif, le bébé pleure (hurle) pour se faire comprendre afin que les parents répondent à ce besoin. « Au cours du développement, cette voie d’accès au plaisir ne sera jamais abandonnée. L’alimentation reste chez l’adulte un accès prioritaire au plaisir. Notre comportement alimentaire en est totalement pénétré. Quelle que soit notre attitude face aux aliments, elle révèle notre rapport à la satisfaction et donc à la sexualité (...) Le discours amoureux est rempli d’expression du registre oral : “j’ai envie de te croquer” (...) À défaut de se nourrir de l’autre, les produits à déguster, à tartiner sur le corps des amants sont des ersatz. Lors du rapport sexuel, les jeux avec des aliments satisfont la pulsion de manière plus complète. Ses différentes composantes (orale, génitale) sont rassasiées et la jouissance se vit de manière plus totale. De nombreux érotismes codifiés ont intégré cette dynamique. C’est le cas de l’érotisme japonais au raffinement légendaire qui a codifié la pratique du nyotaimori. »

En conclusion, voici une piste de réflexion : voyez-vous des liens entre votre façon de manger et votre façon de faire l’amour ? Le docteur Catherine Solano elle, voit plusieurs liens à faire entre sexualité et nourriture : « La faim est l’envie de manger ; il correspond au désir sexuel et l’envie de faire l’amour. Quand nous ressentons ces désirs, notre corps réagit. Il fabrique de la salive, ou pour la sexualité, il fabrique un fluide de lubrification chez la femme ou une érection chez l’homme. Notre sensibilité au plaisir est alors augmentée. On dit que la faim est le meilleur des assaisonnements. Autrement dit, si vous avez faim, vous trouvez la nourriture bien meilleure. Idem pour la sexualité. Plus votre désir est profond, plus vous éprouvez de plaisir à faire l’amour. Et puis, quand vous avez mangé, vous êtes rassasié. Vous n’avez plus faim. C’est la même chose pour la sexualité : une fois que vous avez eu une relation sexuelle satisfaisante, vous êtes comblé pour un moment... ». Propos recueillis par Claire Hédon, Sexualité et alimentation, une même énergie ? 21 janvier 2011.

Bonne fête des Mères à toutes les mamans !

Source : Nourriture, plaisirs et sexualité Psychologie.fr