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Un homme pourrait avoir été condamné à tort du meurtre de sa conjointe, croit un criminologue

Le professeur croit qu’une dame s’est suicidée, alors que son mari a été condamné

Malgré une image publique presque parfaite, Michel Bérubé et Tanya Bushman vivaient des moments troubles.
Photo d’archives Malgré une image publique presque parfaite, Michel Bérubé et Tanya Bushman vivaient des moments troubles.

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Un enseignant en criminologie croit qu’un homme sans histoire pourrait avoir été condamné à tort du meurtre de sa conjointe en 2002.

Témoins qui se seraient concertés, enquête orientée dès le départ, expert qui n’en était pas, Michel Bérubé n’aurait tout simplement pas eu droit à un procès juste et équitable. Plus de 15 ans après le décès de Tanya Bushman, morte étranglée par une corde, Jean-Claude Bernheim est convaincu qu’elle se serait suicidée comme l’avançait son mari et détaille son analyse dans le livre Elle s’est suicidée... Il est condamné à vie ! qui vient d’être publié.

Dans son nouveau livre publié aux éditions Presses du Méridien, Jean-Claude Bernheim soutient que Michel Bérubé n’a pas bénéficié de la présomption d’innocence et qu’il aurait été victime d’une erreur judiciaire, étant accusé du meurtre de sa conjointe.
Photo Axel Marchand-Lamothe
Dans son nouveau livre publié aux éditions Presses du Méridien, Jean-Claude Bernheim soutient que Michel Bérubé n’a pas bénéficié de la présomption d’innocence et qu’il aurait été victime d’une erreur judiciaire, étant accusé du meurtre de sa conjointe.

 

Pourquoi avoir choisi le cas de Michel Bérubé et Tanya Bushman ?

En 2008, un ami de Michel Bérubé m’a approché en disant qu’il était innocent et ça m’a amené à me pencher sur les erreurs judiciaires de manière générale. En prenant connaissance de son dossier, j’ai été étonné des lacunes. Encore aujourd’hui, il clame son innocence. Il n’a plus de recours puisque la Cour suprême a refusé de l’entendre et il purge une peine de prison à vie.

Sur quoi se basent vos conclusions ?

J’ai épluché dans le détail l’ensemble des éléments du dossier pour faire mon analyse. Cela va des déclarations des témoins aux différentes étapes de l’enquête et du procès aux notes manuscrites des policiers. Un luxe que n’ont pas toujours les avocats. Il y a trois éléments importants à retenir : la façon dont les policiers ont abordé l’enquête dès le départ en se concentrant sur un homicide, des témoins qui se sont influencés mutuellement et des témoins à décharge à qui on n’a pas demandé de déclarations formelles.

Est-ce que ces éléments ont été soulevés lors du procès ?

Oui, en partie. La défense a tenté de faire valoir certains points, mais le juge s’est opposé constamment. Il y a des choix qui ont été faits compte tenu du contexte d’un procès devant jury. Les effets « émotifs » ont joué pour beaucoup dans la condamnation de Bérubé.

Que comptez-vous accomplir avec votre livre ?

J’espère à tout le moins susciter la réflexion et l’interrogation. J’aimerais qu’une nouvelle enquête soit lancée. Des erreurs judiciaires, il y en a au Québec. Notre système n’est pas parfait et il n’y a pas d’évaluation qui en est faite.

En quoi la thèse du suicide est-elle plausible ?

Tanya Bushman était relativement discrète sur sa vie privée et sur ses difficultés conjugales. Oui, elle avait rencontré quelqu’un et en était tombée follement amoureuse. Elle était aussi déchirée intérieurement parce que son image a toujours été importante. Ses proches ne savaient même pas qu’elle avait subi des chirurgies esthétiques. En étant croyante et pratiquante, elle ne voulait pas vivre un deuxième divorce. Finalement, on ne sait pas pourquoi les policiers ont exclu cette thèse, parce qu’ils ne l’ont jamais étudiée.