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Indemnisé même s’il a chuté dans sa résidence

Sa victoire est considérée comme importante pour les accidentés au travail

Blessé au travail, Yves Leduc doit toujours se déplacer avec une canne, même à 
l’intérieur de sa résidence de Salaberry-de-Valleyfield.
Photo Collaboration spéciale, Magalie Lapointe Blessé au travail, Yves Leduc doit toujours se déplacer avec une canne, même à l’intérieur de sa résidence de Salaberry-de-Valleyfield.

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SALABERRY-DE-VALLEYFIELD | Les victimes d’accident de travail dont l’état de santé s’est détérioré au fil des ans en raison de cette blessure pourront maintenant être indemnisées à la suite de la victoire d’un homme qui s’est battu en cour à trois reprises contre la CNESST.

Après une entorse lombaire survenue à son travail le 20 juin 2007 et reconnue par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), Yves Leduc 62 ans, ne pouvait presque plus marcher, sauf avec une canne.

Il était déjà indemnisé par la CNESST lorsqu’il est tombé dans les marches de sa résidence le 5 mai 2016 et a aggravé sa blessure.

La CNESST ne reconnaissait pas que la chute était liée à son travail puisqu’elle est survenue à sa maison. Or, après deux ans de lutte, il vient d’obtenir raison, ce qui aura des répercussions importantes sur des centaines d’accidentés du travail.

Invalide

« C’est une grosse victoire pour toutes les victimes d’accident de travail, car habituellement lorsque la CNESST ferme un dossier c’est très difficile pour le travailleur de revenir en arrière », a expliqué l’avocat Marc Bellemare.

L'avocat Marc Bellemare.
Photo Pierre-Paul Poulin
L'avocat Marc Bellemare.

« Il ne s’agit pas d’un accident qui doit être qualifié de personnel, mais d’un accident survenu en raison d’une séquelle découlant de la lésion professionnelle initiale du 20 juin 2007, ce qui doit être considéré comme une récidive, rechute ou aggravation », pouvons-nous lire dans le jugement du tribunal administratif.

Cette décision permettra à M. Leduc d’être indemnisé jusqu’à ses 68 ans, ce qui n’était pas le cas avant sa chute. Il s’agit de l’âge maximal prévu selon la loi, pour invalidité.

« Je n’aurai plus besoin de me battre, c’est vraiment un fardeau de moins », a dit la victime.

Moral

Le travailleur qui devait changer les grosses brosses sur un camion qui nettoie les rues ne se doutait pas que cette opération pourtant routinière changerait son destin.

C’est en voulant dévisser un boulon avec un fusil à air qu’il a subi une entorse lombaire.

« Ça m’a donné un coup dans le côté droit de mon dos. C’est comme si j’avais reçu un coup de masse. Je me suis effondré. La douleur était terrible », se souvient M. Leduc.

Depuis ce jour, il n’est jamais retourné travailler.

Puis, il a appris à marcher avec une canne, est incapable de se mettre un chandail parce que sa douleur au dos est trop intense, ne peut faire l’épicerie et n’est même pas en mesure de regarder un film sans se lever une dizaine de fois.

« C’est très dur, ce n’est pas facile. Il y a des journées que je suis incapable de marcher, le moral est attaqué. J’ai eu des idées noires, je n’ai pas peur de le dire, c’est vraiment difficile de ne plus rien faire alors que j’étais en pleine forme », a lancé l’homme de 62 ans.