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L'allaitement n'améliorerait pas les facultés cognitives à l’adolescence

Allaitement
Photo Archives / Agence QMI

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Contrairement à ce que laisse croire de précédentes études, opter pour allaiter un nourrisson n'améliorerait pas les capacités intellectuelles de l'enfant une fois rendu à l'adolescence.

Pour parvenir à ce constat, la professeure associée à l'Université McGill Seungmi Yang et son équipe internationale ont analysé les données d'une cohorte de 13 427 enfants de la Biélorussie. Ceux-ci ont été séparés en deux groupes, soit un où les mères étaient très fortement encouragées à alimenter leur enfant exclusivement grâce à l'allaitement et l'autre dans laquelle aucune n’avait été donnée aux mères.

Rendus à l'âge de 16 ans, les enfants ont passé un test visant à évaluer leurs fonctions cognitives. Plus précisément, leur mémoire verbale et non verbale, leur capacité à reconnaître les mots, leur orientation visuo-spatiale, leurs fonctions exécutives, leur vitesse de traitement de l'information et leur motricité fine ont été analysées.

Or, les adolescents issus des deux groupes ont obtenu des résultats très similaires lors des différents tests cognitifs. «Nous n'avons observé aucun avantage à promouvoir l'allaitement sur les fonctions cognitives de façon générale. Le seul effet bénéfique observé à l'âge de 16 ans concerne les fonctions verbales», ont noté les chercheurs en conclusion de leur étude.

Ils ont cependant souligné qu’à l’âge de 6 ans et demi, lors d’une précédente étude chez ces enfants dont les mères avaient été encouragées à allaiter, un avantage avait été remarqué au niveau cognitif.

«Si vous voulez allaiter [votre enfant] dans l'espoir d'améliorer ses facultés cognitives, vous pourrez observer quelques avantages pendant les premières années, mais l'effet se réduira substantiellement à l'adolescence», a précisé la professeure Seungmi Yang au «New York Times».

«D'autres facteurs, comme l'ordre de naissance et l'éducation des parents, ont plus d'influence», a-t-elle ajouté.

L'étude a été publiée dans la revue scientifique «PLOS Medecine» en avril dernier.