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Lars Eller et son identité

Washington Capitals v Tampa Bay Lightning - Game Two
Photo AFP

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À la surprise générale, les Capitals sont parvenus à remporter les deux premiers matchs de la série à Tampa et ils sont engagés sur la bonne voie pour atteindre la finale pour la coupe Stanley.

Serait-ce enfin l'année des Capitals? C'est bien possible puisqu'ils parviennent à gagner présentement malgré l'absence de Nicklas Backstrom, qui est tenu à l'écart du jeu en raison d'une blessure à une main.

Alex Ovechkin est affamé et on lui souhaite de clouer, une fois pour toutes, le bec à ses détracteurs.

Ça m'amène à aborder le cas de Lars Eller, qui joue le meilleur hockey de sa carrière depuis le début des séries avec une production de cinq buts, dont deux filets victorieux, et de six mentions d'aide. Il présente un différentiel de +5.

Eller a dû délaisser son rôle de centre du troisième trio depuis quelques matchs afin de remplacer Backstrom et il fait très bien les choses.

Eh oui! c'est ce même joueur que le Canadien a échangé il y a deux ans en retour de deux choix de deuxième ronde au repêchage, Marc Bergevin ayant préféré miser sur Tomas Plekanec et David Desharnais.

Je suis d'accord qu'Eller n'a pas toujours répondu aux attentes avec le CH, mais à écouter parler le grand Danois, la direction du Tricolore n'a pas su le mettre en confiance pour exploiter son potentiel.

«J'ai trouvé, à Washington, mon identité en tant que joueur. Quand j'étais à Montréal, j'avais perdu mon identité à certains moments. Je ne savais plus quel genre de joueur je devais être ou quel rôle de je devais avoir pour connaître du succès. J'ai davantage de stabilité à Washington. Et il y a une culture gagnante ici», racontait-il au cours des derniers jours, lui qui a marqué un but dans chacun des deux matchs disputés à Tampa.

Ce n'est pas la première fois qu'on voit un joueur qui quitte les rangs du Canadien et qui se met à briller avec une autre formation. Même Devante Smith-Pelly paraît mieux dans l'uniforme des Capitals!

Il faut comprendre qu'à Washington, Eller est beaucoup mieux entouré. Il n'y a pas d'Alex Ovechkin ni de Backstrom à Montréal. Il est le premier à dire qu'il est devenu un meilleur joueur en côtoyant des centres de premier plan comme Backstrom et Evgeny Kuznetsov.

Eller vient d'avoir 29 ans. Il est encore jeune et il a connu sa meilleure saison avec une production de 18 buts et de 20 passes dans un rôle de troisième centre de l'équipe. Ça lui a d'ailleurs valu de parapher, en février dernier, une prolongation de contrat de cinq ans pour 17,5 millions de dollars.

Barry Trotz l'emploie à toutes les sauces. Il lui fait confiance en lui attribuant diverses missions, défensives comme offensives.

Lorsqu'on sait que le Canadien est désespérément à la recherche de joueurs de centre, force est d'admettre que Marc Bergevin a erré en laissant partir Eller en échange de deux choix au repêchage en juin 2016, surtout que Plekanec et Desharnais ont disparu de la mappe.

Dans un autre ordre d'idées, Bergevin et Claude Julien ont eu droit à des reproches de la part du défenseur Joe Morrow dans un article rédigé par le confrère Jean-François Chaumont dans notre édition de lundi.

Morrow, qui a rendu de bons services aux Jets de Winnipeg en quelques occasions, a confié à JF avoir commis l'erreur de faire confiance à Julien (il pousse un peu fort...) et il ajoute que Bergevin n'avait aucunement raison de déclarer, lors de son bilan de fin de saison, qu'il y a un problème d'attitude chez les joueurs du Canadien.

«C'était injuste comme déclaration, a dit Morrow. Marc n'était pas souvent dans le vestiaire. Je ne trouve pas ça correct de sa part. Un directeur général ne passe pas ses journées à l'intérieur d'un vestiaire pour pouvoir affirmer une telle chose.»

Et vlan! Morrow n'aura fait que passer à Montréal, mais on ne peut certes pas lui reprocher d'avoir peur d'émettre ses opinions!