/finance/business
Navigation

Une «bolle des maths» à la Banque Nationale

Il va « prêter son génie » et ses algorithmes à l’institution financière québécoise

Manuel Morales
Photo Pierre-Paul Poulin La révolution scientifique portée par Montréal est devenue une véritable « révolution économique », estime le nouveau scientifique en chef en intelligence artificielle de la Banque Nationale Manuel Morales. « On est parmi les meilleures au monde », croit-il.

Coup d'oeil sur cet article

La « bolle des maths » de l’Université de Montréal Manuel Morales accepte de porter le chapeau de scientifique en chef en intelligence artificielle de la Banque Nationale pour avoir accès à ses données financières ultra-rares.

« Pour faire avancer la science en intelligence artificielle, il faut beaucoup de données. Dans notre relation avec la banque, on a eu accès à des données qui nous ont permis de repousser les frontières », explique le chercheur émérite qui a travaillé plus de dix ans avec l’institution valorisée à 22 milliards de dollars avant de prendre la tête de l’équipe techno.

Terrain de jeux

Pas question pour M. Morales de délaisser pour autant sa carrière scientifique. Il va continuer à consacrer la moitié de son temps à ses travaux à l’Université de Montréal.

Rien n’est plus précieux pour lui que de transmettre sa passion à la nouvelle génération.

Pour le génie québécois des maths, la Banque Nationale, avec ses 250 G$ d’actifs, est le terrain de jeux idéal pour développer des applications concrètes qui répondent à de « vrais problèmes ».

Arrivé il y a deux semaines à peine, Manuel Morales veut déjà faire passer son équipe de six à quinze personnes et accueillir une soixantaine de stagiaires à l’été.

En gros, ses algorithmes vont permettre à la banque d’économiser du temps en faisant faire les tâches les plus répétitives par des « agents de recherches machines ».

Par exemple, un client pourra demander des conseils financiers très pointus avec son téléphone par écrit ou par commande vocale : hypothèque, placements, etc.

« Un client pourrait dire : “J’ai 20 000 $ à investir pour que, d’ici cinq ans, j’aie assez d’argent pour m’acheter un VR”, ou encore, “j’ai des enfants en bas âge, qu’est-ce que la banque peut me proposer comme produit ?” », lance-t-il.

Gains de productivité

En plus de mieux répondre aux besoins des clients de l’institution, Manuel Morales espère également alléger la tâche de ses 20 000 employés avec ses nouveaux outils.

Grâce à eux, les employés n’auront plus besoin de mettre leur nez dans leurs bases de données pour trouver des formulaires parce que les algorithmes le feront à leur place.

Au-delà de l’expérience client bonifiée et de la diminution de la charge de travail des employés, Manuel Morales devra aussi « prêter son génie » à ses collègues des marchés financiers inondés d’informations au quotidien.

« La mauvaise chose qui peut arriver, c’est qu’ils peuvent subir des chocs importants et perdre beaucoup d’argent. C’est ça, le risque le plus important, à mon sens », conclut celui qui promet de leur donner un petit coup de main avec ses outils.