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Le maire d'un village du Lac-Saint-Jean traite un de ses conseillers «d’importé»

Il admet avoir tenu ces propos dans un accès de colère, mais il a refusé de s’excuser à moins d’y être obligé

Réal Côté, le maire d’Hébertville-Station, a traité un conseiller municipal d’origine marocaine «d’importé».
Photo Pierre-Alexandre Maltais Réal Côté, le maire d’Hébertville-Station, a traité un conseiller municipal d’origine marocaine «d’importé».

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HÉBERTVILLE-STATION | Le maire d’un petit village du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui a traité un conseiller municipal d’origine marocaine « d’importé » lors d’une réunion du conseil avoue avoir été trop loin, mais refuse de s’excuser.

Lors d’une réunion entre le maire d’Hébertville-Station, Réal Côté, et ses conseillers le 16 avril dernier, le ton aurait rapidement monté à propos d’une facture de 1500 $ payée par la petite municipalité de 1200 habitants sans l’approbation du conseil.

Le conseiller Hamid Benouanas, qui habite le village depuis plusieurs années, a dénoncé le style de gestion autocratique du maire lorsque ce dernier lui a lancé que ce n’était pas un « importé de l’autre bord qui allait lui dire comment faire son travail ».

Plaintes

Des plaintes pour intimidation ont été déposées par le conseiller à la Sûreté du Québec et au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT).

Le maire admet avoir tenu ces propos dans un accès de colère.

Hamid Benouanas, conseiller municipal d’Hébertville-Station, au Lac-Saint-Jean
Photo Pierre-Alexandre Maltais
Hamid Benouanas, conseiller municipal d’Hébertville-Station, au Lac-Saint-Jean

« J’ai glissé et c’est malheureux, mais je ne partirai pas de moi-même pour aller m’excuser. Ça a dépassé ma pensée, mais ce n’est pas si exagéré que ça... C’est sûr que ce n’était pas correct ce que j’ai dit. Parfois dans le feu de l’action, on déborde, mais je n’ai pas tué personne », a réagi mardi le maire de 74 ans.

Ce dernier a été rencontré par les policiers la semaine dernière, mais aucune accusation n’a été portée.

La Commission municipale du Québec a aussi jugé dans une lettre envoyée au maire le 10 mai dernier que la plainte du conseiller était « manifestement mal fondée » et qu’il n’y aurait pas d’enquête au MAMOT.

Démission exigée

Conseiller municipal depuis cinq ans dans la petite localité, Hamid Benouanas dit avoir souvent eu des problèmes avec les sautes d’humeur du maire, mais que jamais il n’avait été attaqué sur son origine, jusque-là.

« On se fait insulter, on se fait crier dessus. Lors de la réunion [du 16 avril], il a serré les poings dans ma direction. Quand il a été acculé au pied du mur, il a sorti les mots “importé de l’autre bord”. Il s’est excusé à la police, mais pas à moi. J’appelle ça de l’intimidation et c’est une situation inacceptable », a déploré M. Benouanas, qui demande maintenant la démission du maire.