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La Presse risque d’attendre longtemps après sa loi privée

Periode des questions
Photo Simon Clark Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, doute que «le cordon» entre le quotidien et la famille Desmarais sera véritablement coupé.

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La Presse risque d’attendre encore longtemps avant qu’une loi privée autorise sa transformation en OBNL: en plus des questions soulevées par Martine Ouellet, Jean-François Lisée doute que «le cordon» entre le quotidien et la famille Desmarais sera véritablement coupé.

Contrairement aux mises en garde exprimées par la députée indépendante de Vachon et chef du Bloc québécois Martine Ouellet, «nous, on ne fera pas d’obstruction», a assuré en point de presse le chef du Parti québécois.

Cet engagement repose toutefois sur une condition, soit celle de «prendre le temps nécessaire» pour entendre différents intervenants: la famille Desmarais, des représentants des autres médias, la Fédération professionnelle des journalistes (FPJQ) et des experts, a énuméré M. Lisée.

«Si le gouvernement libéral veut introduire le projet de loi, on dit: “On va le regarder”, a-t-il expliqué. On veut une commission parlementaire, on veut pouvoir en débattre, on veut pouvoir l'amender et on ne s'engage pas à l'avance à l'adopter ou non.»

«Couper le cordon»

Le chef péquiste demande à être rassuré sur l’indépendance du quotidien montréalais. Il l’a d’ailleurs déjà clairement signalé aux dirigeants de La Presse.

«Ce que j'ai dit en privé aux gens de La Presse et ce que je réitère en public, a-t-il indiqué, c'est qu’on ne peut pas faire semblant de couper le cordon en ayant un conseil d'administration entièrement désigné par la famille Desmarais, et qui va s'autodésigner pour les siècles et les siècles.»

«Il faut qu'ils [la famille Desmarais] fassent la démonstration qu'ils coupent le cordon, a ajouté M. Lisée. Ça, on attend ça. Pour l'instant, cette démonstration n'est pas faite. C'est notre principale préoccupation.»

Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, qui aurait aimé procéder avec ce projet de loi privé avant la fin de la session, à la mi-juin, s’attend à recevoir une réponse de la Coalition Avenir Québec mercredi, après le caucus du parti.

«S’il n’y a pas de consentement de la part des partis d’opposition ou d’un indépendant – il y a cette possibilité-là –, bien, ce sera une loi privée à l’automne», a reconnu M. Fournier en rappelant qu’il appartient aux gens de La Presse de rencontrer et de convaincre les élus concernés.