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L’étoile pâlit

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Rarement aura-t-on vu le maire Régis Labeaume l’air aussi désemparé que lors de cette conférence de presse où il devait s’expliquer, hier, sur la pire crise de son parti.

Manifestement, le maire était pressé de tourner la page sur cet épisode peu glorieux qui a mené à la désertion de son bras droit, Jonatan Julien.

Nerveux, il a bafouillé à de nombreuses reprises et n’a pas quitté ses feuilles avant la période de questions.

Cet empressement de même que la volonté du maire de minimiser la crise illustrent bien l’ampleur des dommages, tant sur l’image du maire qu’au cœur même de son équipe.

Sa sortie contre M. Julien en a refroidi plus d’un. Les conseillers d’Équipe Labeaume répètent souvent qu’ils ont des liens tissés serrés. Un départ dans de telles circonstances ne peut se passer sans heurt.

Le silence

Puis, le maire devait s’expliquer, mais il a plutôt choisi de garder le silence. Il ne veut pas revenir sur le passé et il faut continuer de gérer la Ville. Le peu d’explications qu’il a fournies n’en était pas moins boiteux.

Certes, M. Labeaume a déjà laissé entendre qu’il l’avait lui-même échappé. Mais c’était bien différent que de faire une telle déclaration concernant une personne avec qui il travaillait étroitement et devait entretenir une relation de confiance mutuelle.

Mea culpa

On aurait pu s’attendre à un certain mea culpa de sa part. Non seulement il n’a pas reconnu avoir effectué une sortie trop dure envers son ancien complice, mais il a affirmé avoir eu de « mauvais sentiments » vendredi. Ce ne sont pas là les mots d’une personne qui éprouve des regrets.

Quand M. Labeaume affirme que le maire ne peut assumer seul toutes les responsabilités, il a bien raison. Le problème, c’est qu’il a habitué tout le monde à un style de gestion des plus centralisateur.

En conséquence, il ne peut s’attribuer que les bons coups et jeter le blâme sur les autres lorsque le vent tourne dans le mauvais sens.

Le successeur de M. Julien, Rémy Normand, parlait hier de point de changement et de nouveau chapitre.

Je me demande si, au contraire, ce tournant ne vient pas de marquer le début de la fin pour un maire qui effectue un quatrième mandat.