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Martin Coiteux s’en va : bon débarras

Martin Coiteux s’en va : bon débarras
Photo d'archives

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Pitbull ou caniche?

Un autre politicien de la grosse droite dure s’en va. Mais n’ayez crainte, il sera remplacé par d’autres dans son genre, comme l’ont été les amis des puissants qui ont toujours appliqué leur ordre économique et social, par exemple les Monique Jérôme-Forget, Clément Gignac, Michel Audet, Raymond Bachand et Sam Hamad. Tous du bon monde qui, après leur service politique, ont hérité, en signe de remerciements, de jobs bien rémunérés dans le privé.

Ces personnes se sont toutes démarquées par leur haine viscérale de tout ce qui est de propriété collective, allant de nos programmes sociaux à nos ressources naturelles. C’est pourquoi ils ont généreusement charcuté nos services publics en les sous finançant grossièrement afin de mieux les privatiser à des opportunistes souvent liés au parti politique au pouvoir.

Facile et même très facile de s’attaquer sans vergogne à nos services et biens publics, au monde ordinaire et aux petits travailleurs. Voilà ce qu’a fait Monique Jérôme-Forget, ex-ministre libérale que les médias disaient affectueusement qu’elle était une main de fer dans un gant de velours. Vous m’en direz tant! Et Martin Coiteux a hérité du surnom de pitbull. Allô pitbull! Pitbull qui a gavé les médecins de plusieurs milliards de dollars; qui a créé instantanément des millionnaires en leur donnant des garderies, des éoliennes, des barrages, des autoroutes et des ponts; qui les a inondés de subventions publiques, ce qui fait du Québec le champion toutes catégories au pays; qui a baissé l’impôt des nantis et des compagnies tout en tarifiant davantage nos services publics; qui a vargé dans l’éducation publique tout en rehaussant l’aide gouvernementale aux écoles privées, etc. Tout un pitbull! Moi je dirais plutôt un petit caniche obéissant à ses maîtres. Et il part avec tous les honneurs!

Les superlatifs pleuvent

Quand quelqu’un est à droite, ça rime toujours avec rigueur, rationalité, pragmatisme, vision, courage, modernité, et. Si vous êtes à gauche, on vous accusera alors d’être un idéologue, un hurluberlu, un jaloux qui veut s’en prendre à nos riches qui nous font vivre et de qui on dépend, un dinosaure intellectuel, etc.

Tiens, dans La Presse du 5 juin 2014, le chroniqueur Vincent Marissal, la nouvelle flamboyante recrue de Québec Solidaire, écrivait ceci : « Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, s’est taillé à Québec une réputation d’homme rigoureux ». Et dans un autre long texte consacré à son modèle publié dans La Presse du 30 avril 2016, Vincent Marissal l’a tout simplement intitulé : « Martin Coiteux. Le pitbull de Nelligan ». Et toujours dans La Presse, Denis Lessard avait intitulé son article du 23 mars 2015 ainsi : « Martin Coiteux. Un pitbull pragmatique ». Quant à Robert Dutrisac du Devoir, il a plutôt coiffé son texte ainsi : « Martin Coiteux. Le réformateur décomplexé » (10 mai 2014). Rigoureux, décomplexé, pragmatique, voilà certaines qualités que les médias ont donné à monsieur Coiteux, au service de qui au juste? Franchement, « c’est pas sérieux » comme le chantait Dick Rivers et les Chats sauvages.

Ramener l’impôt des compagnies à zéro

Ah, quel incroyable pitbull ce Martin Coiteux. Dans sa chronique du 3 février 2012 parue dans La Presse, il prêchait pour ramener à zéro le taux d’impôt sur le revenu des compagnies. Mais quel courage et quelle vision de vouloir libérer les compagnies de l’impôt sur le revenu en vous faisant accroire que cela stimulerait l’économie et créerait beaucoup de richesse. Richesse pour qui? Martin Coiteux avait intitulé sa chronique ainsi : « À quand la révolution? » On n’a plus les révolutionnaires que l’on avait, n’est-ce pas?

Tiens, autre preuve de la nature « prolétarienne » de Martin, dans sa chronique de La Presse du 19 septembre 2012, il avait clamé ceci : « Le gouvernement Marois (péquiste) ne devrait pas taxer davantage le gain de capital et les dividendes, ni exiger plus de redevances minières ». Pas taxer davantage la vache sacrée fiscale des très riches liés aux gains de capital (dont seulement la moitié est imposable) et les dividendes et de ne pas exiger de redevance aux minières, elles qui n’en paient pratiquement pas. Mais quel homme rationnel. Il m’épate vraiment. Je n’ai pas cette bravoure.

Rien pour les enseignants, tout pour les docteurs

Au mois de septembre 2015, s’exprimant devant un auditoire qui lui était conquis d’avance de la Chambre de commerce de Québec, Martin Coiteux a dit cette autre énormité : « Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, estime que les enseignants vont le suivre (en continuant d’être sous-payés) s’ils ont vraiment à cœur l’intérêt des enfants et non pas une augmentation de salaire » (Le Journal de Québec, 14 septembre 2015). C’est vraiment trop pour moi! Pourquoi n’a-t-il pas dit à ses médecins à qui il a distribué des milliards de dollars et à qui il leur a permis de s’incorporer (ce que ne peuvent pas faire les enseignants) afin de payer peu d’impôt quelque chose du genre : « Si les docteurs ont vraiment à cœur l’intérêt des malades et non pas une augmentation de salaire, ils vont me suivre dans mes mesures d’austérité ». Ça ressemble à ce que l’ex-caquiste, un autre gros canon libéral avec Gaétan Barrette et Dominique Anglade, monsieur Sébastien Proulx, devenu ministre de l’Éducation, a largué aux enseignants. Pendant qu’il donnait tout aux médecins, il prétendait que mesures budgétaires obligent, il ne pouvait pas leur donner grand-chose comme augmentation de salaire et que, malgré ça, ils resteraient au Québec (Le Journal de Québec, 22 mars 2016).

Dans son discours à la Chambre de commerce, monsieur Coiteux a « martelé son dégoût du statu quo. On doit se remettre en question. C’est ça qu’il faut avoir, le courage de changer ». Combattre l’immobilisme et le statu quo d’accord, mais en ayant le « courage » de couper, de privatiser et de tarifier nos services publics et instruments collectifs et en ayant aussi le « courage » de payer « équitablement » les médecins, de baisser l’impôt des riches et des compagnies tout en augmentant leurs subventions et leurs abris fiscaux, et en haussant la TVQ. Toutes des mesures qui plaisent au patronat. Adapter le rôle de l’État en privilégiant le privé dans tout voici le vrai visage de leur modernisation et de leur adaptation : « Coiteux annonce “l’État du XXIe siècle”. La transformation passe par la réduction des effectifs de la fonction publique » (Le Devoir, 26 novembre 2014).

Sa patente dogmatique revient à dire plus de privé et moins d’État. Très novateur comme concept, n’est-ce pas? Réduire la fonction publique et son expertise afin de tout confier au privé alors que ça coûte plus cher. Aie le « pitbull », par ses mesures de « rigueur », n’a fait qu’amplifier les inégalités économiques. Qu’a fait monsieur Coiteux pour s’attaquer vraiment aux paradis fiscaux? « 109 entreprises québécoises rattachées aux Panama Papers » (Le Journal de Montréal, 11 avril 2016).

D’autres perles de Martin

- « Soyez raisonnables, dit Coiteux aux syndiqués de l’État » (Le Devoir, 6 mars 2015). Et le parallèle de cette maxime de Martin Coiteux est : « Soyez déraisonnables dit Coiteux aux médecins »;

- « Compressions : Martin Coiteux ne regrette rien » (Le Devoir, 20 juin 2016). Martin ne regrette rien, même si la Protectrice du citoyen a affirmé que « Les plus vulnérables ont payé le prix de l’austérité » (Le Devoir, 30 septembre 2016). Les gueux, Martin Coiteux n’en a rien à cirer;

- « Coiteux. Pas facile de dompter la machine » (Le Journal de Montréal, 18 avril 2015). De quelle machine il s’agit? Serait-ce celle de la corruption comme dans « Commission Charbonneau. Le PLQ, véhicule politique favori des corrupteurs » (Le Devoir, 28 octobre 2014). Il ne faut surtout pas couper dans la corruption. C’est pourquoi, contrairement à d’autres pays, comme les États-Unis par exemple, le pitbull a dit : « Le Québec et l’équilibre budgétaire. Coiteux ne compte pas sur l’argent de la collusion » (La Presse, 17 octobre 2014). Ben non, il ne faut surtout pas irriter nos filouteurs, le PLQ ira chercher l’argent ailleurs!