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Moins de 20 000 numéros

Moins de 20 000 numéros
Photo d'archives, Ben Pelosse

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Depuis toujours, chaque homme qui joue dans le baseball majeur a deux numéros plutôt qu’un. Outre son numéro dans le dos, chaque joueur a également un autre numéro qui restera avec lui à jamais. Ce fameux numéro représente le « combientième » joueur du baseball majeur de l’histoire.

Les Red Stockings de Cincinnati de 1869 sont reconnus comme étant la première équipe de baseball professionnel. Leurs joueurs sont effectivement les premiers à avoir été numérotés. C’était il y a près de 150 ans, à l’époque des Asa Brainard et Charlie Sweasy.

Dans mon cas, mon numéro est le... 14 482.

Cela signifie qu’au mois de mai 1996, lors de mon rappel avec les Expos de Montréal, je devenais le 14 482e homme depuis 1869 à jouer dans un match au niveau des ligues majeures. J’ai énormément de respect pour chaque individu qui a réussi à obtenir son numéro ainsi que les nombreux qui ont essayé de percer les majeures.

Voici le rang de quelques autres joueurs que vous connaissez sûrement. Babe Ruth en 1914 devenait le 4197e joueur de l’histoire. Notre cher Claude Raymond a acquis son numéro 9229 en 1959 tandis que Denis Boucher est devenu le « 13 513 » en 1991. Quelques années après moi, soit en 1999, il y a eu Éric Gagné qui méritait le sien (15 177). Et depuis, il y a eu Steve Green (15 438), Éric Cyr 15 710), Pierre-Luc Laforest (15 967), Russell Martin (16 468), Chris Leroux (17 164), Maxime St-Pierre (17 444), Phillippe Aumont (17 894) et Jesen Therrien (19 080), pour ne nommer que ceux-là.

Je suis très fier de faire partie d’un groupe qui compte moins de 20 000 membres en un siècle et demi.

Bravo Brandon Mann !

J’aimerais maintenant vous parler d’un gars qui a attendu longtemps avant d’obtenir sa place. Brandon Mann, un lanceur gaucher, fut le choix de 27e ronde des Rays de Tampa Bay en 2002.

Dimanche dernier, il a reçu enfin l’appel des ligues majeures. À 34 ans, Mann s’est joint aux Rangers du Texas après 16 saisons à se promener dans les différentes ligues mineures, puis au Japon et dans les ligues indépendantes.

Il y a toujours cru, il n’a jamais lâché et il est demeuré convaincu qu’un jour il serait un joueur des grandes ligues. Je lui lève mon chapeau, quel bel exemple de persévérance ! Dimanche dernier, il a saisi sa chance face aux Astros de Houston en lançant très bien pendant une manche et 2/3 sans accorder un seul point. Il a limité l’adversaire à un coup sûr. Félicitations Brandon Mann, numéro 19 248 !