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Rapport du Contrôleur général: des dépenses «questionnables» au Technoparc

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Plus de 18 000 $ en cafés et boissons, des réunions et des déjeuners fréquents à l’hôtel, voilà le genre de dépenses qui a, entre autres, conduit la Ville de Montréal à cesser de financer Technoparc Montréal selon le rapport du Contrôleur général de la Ville.

Le rapport du 18 janvier, obtenu grâce à la Loi d’accès à l’information, fait état de dépenses «questionnables» au sein de l’organisme sans but lucratif.

À la lumière de ce rapport, qui constate aussi un manque de transparence dans sa gestion immobilière, Montréal a annoncé le 29 mars cesser son financement annuel de 2,6 millions $.

«Nous croyons que le scepticisme appliqué au cas de Technoparc Montréal nous a non seulement permis de relever des lacunes de gestion, mais de remettre en question la place qu’occupe l’organisme au sein de la sphère de développement économique montréalais», écrit le Contrôleur général Alain Bond.

Par exemple, de 2015 à 2016, 18 311 $ de cafés et de boissons ont été offerts aux employés, visiteurs et locataires des centres d’affaires du Technoparc, avant que son ex-directeur général Mario Monette, parti en févier, conclue que cela n’avait pas de sens.

«Sans savoir si la gratuité s’appliquait avant 2015, le délai écoulé avant de conclure qu’il s’agit d’une façon de faire qui "n’a pas d’allure" nous apparaît questionnable», ajoute le Contrôleur.

Michel Bédard, un des administrateurs de l’OBNL et membre du comité de vérification et de gestion des risques immobiliers, reconnaît que les gens peuvent abuser et consommer plusieurs cafés.

Le Sofitel

En ajoutant des dépenses engagées pour des réunions et des rencontres entre les membres de divers comités, le rapport estime qu’en deux ans, Technoparc a dépensé 15 278 $ pour l’organisation de réunions du conseil d’administration (CA) et des fêtes de Noël dans des hôtels, dont au Sofitel.

Seulement cinq des 18 rencontres du conseil se sont déroulées sur le territoire du Technoparc en deux ans. «Il nous apparaît étonnant de constater que les membres du conseil d’administration ne se rendent pas au siège social de l’organisme», souligne le rapport.

Selon Mario Monette, les membres ne veulent pas se rendre dans l’arrondissement de Saint-Laurent parce c'est trop loin et qu’il y a trop de trafic. D’après le CA, un compromis a été fait et les réunions se tiennent en alternance entre le centre-ville et le Technoparc.

Mario Monette et de l’ex-président du CA Paul St-Jacques se sont rencontrés 46 fois entre 2015 et avril 2016 pour déjeuner et dîner au Sofitel. Au total, 5 531 $ ont été dépensés par ces derniers et d’autres cadres de Technoparc pour des repas à l’hôtel.

Selon le CA, ce sont des pratiques normales dans le milieu des affaires et ces rencontres pourraient être liées à l’implantation de recommandations du Vérificateur général de 2015.

Les membres du conseil d’administration du Technoparc n’ont pas été consultés avant que la Ville prenne sa décision. Beaucoup de matière dans le rapport n’est pas exacte sur les faits et le CA a transmis à la mairesse une réponse, a commenté son président Vianney Bélanger.
La Ville de Montréal s’en est tenue lundi à son annonce du 29 mars.