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Une enquête criminelle sur l’ex-cadre de McGill

Donald Nycklass, Cadre déchu de McGill
Photo courtoisie Donald Nycklass, Cadre déchu de McGill

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Une enquête criminelle est en cours contre l’ancien cadre de l’Université McGill soupçonné d’avoir détourné 369 852 $ des comptes de l’établissement pour rénover sa luxueuse maison de Laval.

Selon nos informations, la police de Montréal a ouvert l’enquête après que l’Université eut déposé une plainte criminelle contre son ancien directeur adjoint pour les résidences, bâtiments et installations, Donald Nycklass.

De 2013 à 2017, l’ex-cadre a fait facturer à McGill des produits destinés à sa propre demeure, comme le rapportait notre Bureau d’enquête hier.

Entente secrète

L’établissement a toutefois contacté les autorités à contrecœur. Il avait d’abord signé une entente secrète avec Nycklass pour récupérer les sommes dérobées en toute discrétion, en août dernier.

« Dans les conditions où il n’y avait pas de solution parfaite, McGill, une institution financée par des fonds publics, a opté pour la solution qui lui permettait de recouvrer le maximum des sommes dues », explique Carole Graveline, directrice principale des relations publiques à l’Université.

En vertu d’une « transaction » hors cour, Nycklass s’engageait à lui rembourser sur un an les 207 787 $ en fausses factures retracées à l’époque.

Mais si l’établissement trouvait d’autres sommes détournées, il s’engageait à les rembourser « dans les 10 jours ouvrables ».

C’est ce qui est arrivé en novembre, quand McGill a trouvé pour 162 050 $ de nouveaux détournements de fonds et les a réclamés à Nycklass dans une mise en demeure, selon la déclaration de l’avocate de l’Université déposée à la Cour supérieure.

Sans réponse de son ancien employé, l’institution a ensuite contacté la police.

Enquête chez VIA Rail

Les révélations de notre Bureau d’enquête ont aussi fait réagir chez VIA Rail, qui a embauché Nycklass en janvier dernier comme gestionnaire de projets.

« Une enquête interne est actuellement en cours », dit Mariam Diaby, porte-parole du transporteur ferroviaire fédéral.

Selon McGill, la société d’État ne l’a jamais contactée pour obtenir les références professionnelles de son ancien cadre.

« Lors de l’embauche d’un nouvel employé, nous faisons affaire avec une firme spécialisée dans le domaine qui procède aux vérifications suivantes : antécédents criminels, références. Nous effectuons aussi des tests psychométriques », assure pourtant Mariam Diaby.

VIA Rail n’a pas voulu commenter davantage. Chose certaine, le transporteur ne pouvait rien trouver sur Nycklass dans les archives judiciaires au moment de l’embaucher, puisque McGill n’avait entamé aucune procédure contre lui à l’époque.

À McGill, Carole Graveline précise que l’établissement n’en est pas à son premier accord confidentiel avec un cadre soupçonné de malversations financières... ni à son dernier.

« L’Université va continuer selon les circonstances à faire ou non des ententes dans son meilleur intérêt. »