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Sommet du G7: des citoyens inquiets et craintifs

Les commerçants se sont insurgés du manque de garanties pour les compensations financières

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Les commerçants ont appris mercredi qu’ils risquent de ne pas être dédommagés pour les pertes liées au G7 et de nombreux citoyens inquiets sont repartis de la rencontre publique avec plus de questions que de réponses.

Quelque 300 personnes se sont présentées mercredi soir à l’assemblée d’information organisée par le Bureau de la gestion des sommets d’Affaires mondiales Canada, qui est responsable du Sommet.

Les citoyens ont eu la même présentation que celle offerte aux journalistes plus tôt dans la journée. Les questions n’ont pas tardé à fuser, de toutes parts.

La députée Agnès Maltais, comme plusieurs, a questionné sur le dédommagement des commerces. Lors du Sommet des Amériques, a-t-elle rappelé, les commerçants n’ont reçu que des miettes.

Compensations

La représentante du Bureau de la gestion des sommets, Louise Léger, a indiqué que les commerçants seraient compensés s’ils étaient forcés de fermer en raison d’une fermeture de rue. Mais la police a indiqué qu’il n’y en aurait aucune. « Est-ce que je dois comprendre qu’il n’y aura aucun dédommagement? » s’est insurgé Sébastien, un commerçant du centre-ville.

Sophie Bainbridge, directrice responsable des services corporatifs au Bureau des sommets a plus tard affirmé que les pertes de revenus pourraient être compensées « au cas par cas ». « On va prendre nos responsabilités. On ne laissera pas les commerçants dans une situation difficile. » Mais elle a maintenu que les pertes ne seraient remboursées que si leur commerce est inaccessible, au grand dam de plusieurs.

De nombreux citoyens s’inquiétaient de savoir s’ils devaient placarder leurs commerces ou leurs résidences, déplacer leurs voitures, fermer leur garderie, ranger tous les objets qui peuvent servir de projectiles, fermer toutes les issues pour se préserver de l’infiltration de gaz irritants. Plusieurs ont souligné que la peur est bien présente.

Incertitudes

« C’est difficile de vous donner une réponse précise », « on ne le sait pas », a souvent dû répondre le lieutenant André Turcotte, du Service de police de la Ville de Québec, qui a répété à maintes reprises que les gens étaient responsables de la sécurité de leurs biens et que les décisions leur revenaient.

« On n’a pas de précision sur rien. On n’a aucune information. Tout ce qu’on sait, c’est qu’on va savoir quand ça va arriver ! On a besoin de conseils! » a lancé le citoyen Roger Chouinard.

« On va dormir tous dans nos commerces. Pourquoi ne pas tout de suite fermer ? » a demandé un commerçant. « Est-ce que c’est l’armée qui va sortir nos employés de nos commerces ? S’il y a du grabuge on fait quoi? On se laisse vandaliser, on se tourne vers nos assurances et ça va prendre un an avant d’être payé ? » s’est inquiété un autre.

« Vous ne verrez pas de militaires dans les rues de Québec les 8 et 9 juin prochains, a répondu M. Turcotte. On ne laissera pas des gens mal pris dans la rue, dans leurs résidences. On parle de manifestations, on n’est pas dans un état de guerre. Ça ne sera pas le chaos total. Mais on ne pourra pas protéger de façon individuelle chacun des commerces. »

Des gens préoccupés

« On est assez vieux pour avoir vécu le Sommet des Amériques et pas assez vieux pour l’avoir oublié. Notre quartier portait les marques visibles des produits chimiques sur toutes les surfaces. »

— Un citoyen

« Je ne peux pas vous dire qu’on n’utilisera pas d’irritants chimiques. Je ne suis pas ici pour vous conter des menteries. »

— André Turcotte, SPVQ

« Est-ce que la GRC veut encore courir après des manifestants jusqu’au boulevard Charest ? Est-ce qu’il y a une compréhension qu’en faire trop, c’est aussi alimenter la violence ? »

— Agnès Maltais, députée

« Si jamais on a à faire une intervention pour sortir ces enfants-là, on va tout faire pour les évacuer de façon sécuritaire, mais ce soir je ne suis pas en mesure de vous dire “fermez” ou pas. C’est une décision qui vous revient à vous. »

— André Turcotte, du SPVQ, en réponse à une propriétaire de garderie située sur la colline Parlementaire

« Il y a des commerçants qui sont inquiets et qui vont coucher dans leur commerce parce qu’ils y ont mis toute leur vie. »

— Un commerçant de Saint-Roch