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Blanchette recule, mais impose un tarif

Il en coûtera 75$ par jour pour pêcher le saumon dans le Nord

Luc Blanchette
Photo Simon Clark, Agence QMI Le ministre Luc Blanchette a annoncé mercredi que les pêcheurs indépendants pourront toujours pêcher le saumon dans le Nord-du-Québec, s’ils paient un tarif journalier de 75 $. 

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Les pêcheurs qui se rendront dans le Nord-du-Québec pourront continuer de taquiner le saumon à condition de payer un tarif journalier de 75 $, mais ils n’auront pas à utiliser les services des pourvoiries à 2000 $ par jour.

« Devant la protestation, les gens se sont réunis : comment peut-on donner plus accès ? L’idée des 75 $ et de la non-obligation d’aller en hébergement a été émise », a expliqué le ministre de la Faune, Luc Blanchette, mercredi, lors d’un point de presse.

Il ne s’agit pas d’une solution « gouvernementale », a-t-il ajouté, mais d’une entente entre Aviateurs Québec, l’association des pilotes de brousse, et la Fédération des pourvoiries.

Luc Blanchette est dans de mauvais draps depuis plusieurs semaines après une modification réglementaire qui a forcé les pêcheurs de saumon non autochtones à passer par une pourvoirie dans le Nord-du-Québec.

Il estime que cette voie de passage lui permet d’atteindre ses objectifs, la protection du poisson et le respect de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.

En bref, les Québécois qui se rendront par leurs propres moyens dans les rivières du nord sans utiliser les services des pourvoyeurs devront s’inscrire et payer un droit d’accès journalier, comme on le fait à l’entrée d’une réserve faunique, par exemple. Ces pourvoiries ne pourront pas refuser. Par contre, la pêche sera interdite sur les territoires inoccupés par celles-ci.

Ironiquement, le ministère avait justifié ce changement en évoquant la nécessité d’obtenir de meilleures données sur les prises de saumon. Les pêcheurs devront rapporter leurs prises avec un système d’enregistrement en ligne qui remplacera info-saumon, un système quasi identique.

De l’avis de M. Blanchette, cette solution respecte aussi la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.

« Les Inuits ont été informés de ça. Eux, pourvu qu’on fasse la préservation, la conservation, ils sont très heureux », a-t-il lancé.

Cette information est toutefois démentie par la communauté inuite. « Les Inuits n’étaient pas informés. Il n’a jamais été question de l’émission d’un droit d’accès de 75 $ par jour. De dire “tant que la ressource est protégée, les Inuits sont heureux” est très réducteur », a déploré Mark O’Connor, de la société Makivik.

Comme un « pizzo »

Les partis d’opposition critiquent également l’entente. « Le ministre délègue la gestion de l’accès au territoire à des pourvoiries privées. C’est une brèche », note le péquiste Sylvain Roy.

Le caquiste Mathieu Lemay déplore de son côté un « système à deux vitesses ». Selon lui, le tarif de 75 $ s’apparente à un « pizzo », une forme de racket pratiqué par les mafias italiennes.