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Tracer sa voie

À 5 pi 1 po, Annie Chouinard, 38 ans, est l’une de nos grandes grimpeuses québécoises. Elle tire une grande force et endurance musculaire d’un entraînement rigoureux et d’un passé de cavalière où elle devait maîtriser des bêtes de 1500 lb pas toujours très coopératives.
Photo courtoisie, KappaPhotography À 5 pi 1 po, Annie Chouinard, 38 ans, est l’une de nos grandes grimpeuses québécoises. Elle tire une grande force et endurance musculaire d’un entraînement rigoureux et d’un passé de cavalière où elle devait maîtriser des bêtes de 1500 lb pas toujours très coopératives.

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À 5 pieds 1 pouce, Annie Chouinard, âgée de 38 ans, est l’une des plus grandes grimpeuses du Québec. Cette année, l’athlète a choisi de mettre de côté les compétitions pour se concentrer sur le roc.

« Ma passion, c’est le plein air et la montagne, dit Annie Chouinard. J’aime élaborer mes défis et tracer mes propres lignes. » Tout le parcours de la grimpeuse témoigne de sa résilience et de sa capacité à trouver un chemin à travers les obstacles.

« Mon mental », dit Annie, lorsqu’on la questionne sur sa plus grande force. Celle qui grimpe depuis à peine huit ans ne s’est pas imposée sur la scène québécoise d’escalade en ne misant que sur un talent naturel : elle a bûché, en prenant appui sur une solide base athlétique.

De monter à grimper

Annie Chouinard a « toujours » monté avant de découvrir l’escalade. À 8 ans, elle savait qu’elle allait devenir cavalière de profession. À 17 ans, elle quittait la ferme familiale en Estrie pour s’établir en Suisse, puis en Allemagne afin de s’entraîner parmi les meilleurs.

« Toute ma vie, sept jours sur sept, tournait autour des chevaux. Il n’y avait pas d’espace pour rien d’autre », relate Annie Chouinard. Puis une fracture de stress à un ischion a mis un frein à ses ambitions.

Se morfondre ? Plutôt entreprendre des études universitaires, un baccalauréat, suivi d’une maîtrise en génie environnemental. Elle s’initie alors à la randonnée.

À 5 pi 1 po, Annie Chouinard, 38 ans, est l’une de nos grandes grimpeuses québécoises. Elle tire une grande force et endurance musculaire d’un entraînement rigoureux et d’un passé de cavalière où elle devait maîtriser des bêtes de 1500 lb pas toujours très coopératives.
Photo courtoisie, KappaPhotography

« Je me suis amusée dans les Adirondacks et dans les montagnes Blanches, puis j’ai voyagé et fait plusieurs ascensions avant de me rendre à l’évidence : il me fallait maîtriser la technique d’escalade pour aspirer à des sommets plus hauts », dit Annie Chouinard. Elle se met à la grimpe à travers des études prenantes.

« J’ai fait un stage en Chine, où je devais faire quatre heures et demie de transport en commun pour me rendre à un centre d’escalade et six heures et demie pour arriver à une paroi. Je partais tous les week-ends avec mon sac de couchage », cite l’athlète en exemple.

S’entraîner pour exceller

On se rencontre un midi, près de l’hôpital de Verdun où la grimpeuse travaille dans un laboratoire de pathologie. Les week-ends, la Montréalaise d’adoption retourne à Sherbrooke pour grimper à Orford. En semaine, elle s’entraîne tous les soirs, sauf le vendredi où la route l’occupe. Son horaire est réglé au quart de tour, alors qu’elle assure la charge d’un travail à temps plein tout en dédiant au moins 20 heures par semaine à sa passion des hauteurs.

À 5 pi 1 po, Annie Chouinard, 38 ans, est l’une de nos grandes grimpeuses québécoises. Elle tire une grande force et endurance musculaire d’un entraînement rigoureux et d’un passé de cavalière où elle devait maîtriser des bêtes de 1500 lb pas toujours très coopératives.
Photo courtoisie, KappaPhotography

« Le mardi et le jeudi soirs, je mange dans mon auto après le travail, j’y fais une sieste de quinze minutes, puis je grimpe pendant deux heures avant d’enchaîner avec des exercices de renforcement spécifiques pendant une autre heure et demie », dit l’athlète, qui rentre au bercail vers 23 h.

Cela lui réussit : depuis 2016, l’athlète enchaîne les premières féminines, notamment en ayant dompté Come On, une 5.14 à Orford, ce qui la place dans le club sélect des sept seules Canadiennes ayant consolidé une quatorzième ascension. Elle cumule aussi plusieurs autres premières ascensions féminines sur des 5.13 à Orford, son terrain de jeu privilégié par la qualité des défis sur place.

À 5 pi 1 po, Annie Chouinard, 38 ans, est l’une de nos grandes grimpeuses québécoises. Elle tire une grande force et endurance musculaire d’un entraînement rigoureux et d’un passé de cavalière où elle devait maîtriser des bêtes de 1500 lb pas toujours très coopératives.
Photo courtoisie, Gabriel Laliberté

« Les autres grimpeurs, tous des gars, tentent de me donner des trucs... mais je mesure 5 pi 1 po ! Leur stratégie ne m’est pas accessible, je dois trouver mes propres tactiques et être très créative », dit Annie.

L’art de la grimpe

Pour exceller en escalade de paroi, il faut une endurance musculaire hors norme, dont celle du tronc, et de bonnes capacités analytiques : quels enchaînements seront les plus fluides pour cheminer jusqu’au sommet, quelle chorégraphie coûtera le moins d’effort possible ?

« C’est ce que j’aime de l’escalade : trouver ma voie », dit Annie Chouinard, pour qui l’épreuve de Difficulté en escalade sportive est sans contredit sa spécialité. Celle qui a cheminé jusqu’à des Championnats du monde en Europe ne sera pas du calendrier de compétitions cette année. Entre un rêve olympique et un rêve de montagne, Annie a choisi les grands espaces.

« J’ai profité de mes études pour m’entraîner surtout à l’intérieur pour concilier mes horaires compliqués. C’était un compromis : il est temps que je me recentre sur le roc », dit la grimpeuse qui est au centre d’une communauté grandissante de grimpeurs qui s’inspirent de son dévouement et de son amour pour la montagne.

Bonne saison !

 

Rencontrer les autres visages de l’escalade

À 5 pi 1 po, Annie Chouinard, 38 ans, est l’une de nos grandes grimpeuses québécoises. Elle tire une grande force et endurance musculaire d’un entraînement rigoureux et d’un passé de cavalière où elle devait maîtriser des bêtes de 1500 lb pas toujours très coopératives.
Photo courtoisie

Dans le livre Roche, glace et fleurdelisé, Hugo Drouin a fait un travail colossal pour raconter l’histoire de la grimpe au Québec, et présenter les principaux acteurs qui ont façonné son parcours au cours des dernières décennies. À lire.