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Fin du lock-out à l’UQTR: trop tard pour cet étudiant

L'étudiant Jacques Abboud est à l'hôtel Fairmont Banff Springs de Banff pour un congrès où il doit présenter ses projets de recherche.
Photo courtoisie L'étudiant Jacques Abboud est à l'hôtel Fairmont Banff Springs de Banff pour un congrès où il doit présenter ses projets de recherche.

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TROIS-RIVIÈRES | Le lock-out de 15 jours à l’Université du Québec à Trois-Rivières a été levé mercredi, mais il a été suffisamment long pour entraîner des dommages importants, entre autres pour un étudiant qui n’a pas pu soutenir sa thèse de doctorat.

Le recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières Daniel McMahon a levé le lock-out à 10h, mercredi. Pour l’étudiant français Jacques Abboud, le mal est déjà fait.

Il devrait normalement avoir le titre de docteur en sciences biomédicales, ce qui n’est pas le cas en raison du lock-out. Il devait présenter sa soutenance de doctorat le 8 mai, mais il n’a pas pu franchir cette dernière étape qui consiste en un exposé oral, car des professeurs en lock-out devaient y être évaluateurs.

La date était fixée depuis deux mois, ses parents avaient pris congé une semaine et étaient venus de France en avion pour l’encourager. Sa soutenance a été annulée 24 heures à l’avance.

« On prépare un doctorat pendant plusieurs années. Ça faisait cinq ans que j’attendais ce moment-là. C’est très décevant, surtout qu’on n’y est pour rien dans l’histoire», dit-il.

Pour l’heure, il n’y a aucune garantie qu’il pourra franchir la dernière étape de son doctorat avant le 1er juin, selon son directeur de thèse Martin Descarreaux. Le problème est qu’il doit commencer son post doctorat à cette date, à l’Université de Colombie-Britannique, à Vancouver.

L’étudiant a loué son appartement et son billet d’avion pour Vancouver est acheté. Il pourrait devoir amorcer la suite de ses études sans avoir le titre d’étudiant au post-doctorat, et faire un aller-retour à Trois-Rivières pour défendre sa thèse.

«Je suis arrivé à l’UQTR en 2008. J’y ai fait mon bac, ma maîtrise et mon doctorat. J’ai toujours aimé mon milieu de travail, et c’est pour cela que je suis encore plus déçu de voir qu’à la fin, c’est ça que j’obtiens», poursuit-il.

Reprise des cours

«Nous avons convenu de laisser une ultime chance à la médiation en cours », a dit le recteur Daniel McMahon en levant le lock-out mercredi, tout en précisant que le premier ministre Philippe Couillard et la ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David se sont engagés au dépôt d’une loi spéciale s’il n’y a pas d’entente d’ici le 15 juin, à la fin de la session parlementaire.

« Je pense aux étudiants et à la recherche. C’était la bonne chose à faire », a dit Philippe Couillard, qui a dû intervenir personnellement dans le conflit.

Le principal point qui achoppe dans les négociations à l’UQTR est le nombre de professeurs versus les chargés de cours. Pour respecter la dernière convention collective, l’Université devrait engager 27 professeurs pour atteindre 466, ce qui représente le plancher d’emploi selon le syndicat.