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Constat d’échec

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L’immigration s’annonce comme un des thèmes de la campagne électorale. Première dans les sondages, la CAQ saute à son tour sur ce terrain. Notre collègue Alec Castonguay de L’actualité révélait les grandes lignes de l’offre caquiste : réduction temporaire des seuils d’immigration ; création d’un droit à la francisation obligeant l’État à fournir les ressources nécessaires ; employabilité ; accompagnement personnalisé.

L’approche est certes imparfaite, mais elle est étayée et flexible. Quant au Parti québécois, il mise entre autres sur une immigration déjà francophone. Bref, présumons de la bonne foi des deux partis pour leur volonté d’agir sur un terrain laissé en jachère depuis trop longtemps.

L’essentiel

Car si débat il y a encore, c’est que nous sommes face à un immense échec politique. Depuis 20 ans, rouges ou bleus, les gouvernements ont abdiqué leur responsabilité de voir à une intégration proactive des immigrants. Surtout, ils ont oublié l’essentiel.

Soit que pour le seul État francophone d’Amérique, la vraie manière d’assurer une intégration réussie est de bâtir une société où, pour reprendre le concept-clé de la Charte de la langue française (loi 101), le français serait la langue « normale et habituelle » au Québec. Tout comme l’anglais pour le reste du Canada.

Voyants jaunes

Or, malgré les voyants jaunes qui s’allumaient déjà dans les années 90 sur le recul du français, les gouvernements ont refusé de renforcer une loi 101 pourtant affaiblie à répétition par les tribunaux.

Résultat : dans la grande région de Montréal où la plupart des immigrants s’installent, ils ont laissé les milieux de travail se « bilinguiser ». L’État a « bilinguisé » ses propres communications avec les citoyens. Idem dans les commerces, l’affichage et l’éducation supérieure.

Au lieu de renforcer la francisation tout en encourageant le multilinguisme individuel, l’État jure vouloir « franciser » les immigrants, mais par son inaction il les plonge dans une métropole « bilingue » où même un boulot au salaire minimum exige la connaissance de l’anglais. Cherchez l’erreur...