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L’audace de la CAQ

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On y échappera pas, l’immigration sera au cœur de la campagne électorale. Je prédis que François Legault va orienter les discussions parce que les positions défendues par la CAQ vont plaire et qu’elles ont le mérite d’être audacieuses.

Que l’on soit d’accord ou non, et je le suis en grande partie, elles forcent le débat.

L’approche caquiste incite les autres partis à sortir de leurs zones de confort, soit le déni chez les Libéraux (et QS) et la ligne linguistique extra dure au PQ. Exiger que 100% des immigrants parlent français avant d’arriver au Québec rendra quasi impossible le recrutement d’immigrants hautement qualifiés de pays comme la Chine, l’Allemagne ou les États-Unis, des médecins, des chercheurs, des informaticiens, des gens à qui la majorité des pays ouvriraient grands les bras.

De plus, l’approche gourdin linguistique du PQ nous cantonnera encore à la dynamique migratoire Maghreb-Afrique subsaharienne-Haïti qui mène à des concentrations ethniques sources de tensions sociales.

Silence !

Pour ce qui est de l’autruche libérale, combien de fois faudra-t-il répéter que le refus de parler franchement d’immigration, autrement que dans un contexte d’emplois, trace le chemin qui mène droit au populisme ?

De plus, les propositions de la CAQ ne se limitent pas aux tests de valeurs et de langue, tests que le Canada impose aux immigrants pour devenir citoyens. Il faut revoir les modèles de francisation et d’intégration qui ne fonctionnent pas.

Confier, comme on le fait, l’intégration à des groupes communautaires ethniques est-il une si bonne idée ?

L’offre et l’accès aux cours de français est un cafouillis. La CAQ ferait le ménage et instaurerait un guichet unique, suivant ainsi les recommandations de Tania Longpré, experte en francisation et auteure de Québec cherche Québécois sur l’immigration.

Un ouvrage éclairant que tous les partis devraient lire.