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Le pasteur Mukendi ne retrouvera pas son passeport

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Le pasteur Paul Mukendi, qui espérait ravoir son passeport pour aller «prêcher à l’international», s’est fait refuser sa demande, jeudi, puisque le juge estime qu’il y a un risque qu’il tente de fuir la justice.

Le 3 mai dernier, l’homme qui se qualifie «d’apôtre de la ville de Québec» a demandé au juge Steve Magnan de ravoir son passeport, qui lui avait été enlevé lors de sa comparution dans le cadre de sa remise en liberté. 

L’homme motivait alors sa demande en soutenant qu’il était «occasionnellement invité à donner des conférences ailleurs dans le monde» et que, du 23 juillet au 3 août 2018, il devait prendre part à une cérémonie entourant «la pose de la pierre tombale de son père, décédé le 23 juillet 2017», un rituel important dans la culture africaine.

Mukendi souhaitait se rendre au Congo en compagnie de sa femme pour prendre part à cette cérémonie, en laissant ici ses enfants pour garantir, disait-il, son retour au pays.

Dans sa décision qui compte un peu moins de 10 pages, le juge a souligné que le Canada n’avait pas de traité d’extradition avec le Congo et qu’une partie de sa famille vivait encore là-bas.

«Sa femme est congolaise et ses jumelles sont nées au Congo. Rien ne les empêcherait de le rejoindre là-bas s’il décidait de s’y installer», a souligné le magistrat.

Il a également rappelé que l’homme avait «un vaste réseau de contacts qui lui donne l’occasion de prêcher sa foi», et le tribunal a dit croire que le pasteur pourrait «convaincre des gens en Afrique de lui donner à nouveau de l’argent en échange de ses discours».

En effet, Mukendi, lors de sa requête, avait expliqué que prêcher était son moyen de subsistance.

«C’est son seul travail. En ce sens, il reçoit des dons de gens qui le côtoient ou à qui il s’adresse, et cela lui permet de subvenir aux besoins de sa famille», peut-on lire dans la décision.

«Au moment où l’accusé a accepté les conditions de mise en liberté, il était dans la même situation que présentement», a rappelé le président du tribunal.

Il était prêcheur, vivait de donations, savait qu’il devait se déplacer à l’International pour donner des conférences et qu’il devait se rendre au Congo en juillet. Malgré cela, l’homme a souscrit aux conditions de remise en liberté imposées par le tribunal.

«De plus, le tribunal constate que la situation judiciaire de l’accusé se complique. Au processus criminel s’ajoutent d’autres recours judiciaires et une enquête de l’Agence du revenu du Québec.»

Rappelons qu’au criminel, Mukendi fait face à de multiples accusations pour des gestes à caractère sexuel et pour des actes de violence à l'endroit de jeunes disciples.