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Monsieur Taillefer

Monsieur Taillefer

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Vos propos au sujet des chroniqueurs du Journal de Montréal m’ont secouée et fâchée.

Je ne peux croire que le propriétaire des grands médias que sont Voir et L’actualité ignore que les chroniqueurs sont payés pour donner leur opinion, et non pas pour être objectifs, ce qui est le rôle des reporters.

De plus, comment pouvez-vous ignorer que le jour où une personnalité médiatique comme vous annonce son entrée en politique, les chroniqueurs vont vous attendre au tournant ?

Mais ce n’est pas le pire. À la limite, mettons cela sur le dos de votre relative inexpérience dans le domaine des médias imprimés. Mais comment osez-vous insinuer que les chroniqueurs du Journal sont tributaires des tapes dans le dos de Pierre Karl Péladeau ? Savez-vous à qui vous avez affaire ?

On ne parle pas ici de débutants qui veulent se faire remarquer !

Des journalistes et commentateurs réputés

Parmi les chroniqueurs qui ont parlé de vous, madame Denise Bombardier, qui détient un doctorat en sociologie de La Sorbonne, a démontré son indépendance intellectuelle tout au long de son illustre carrière au Québec et en France. Suis-je vraiment obligée de vous expliquer pourquoi accuser cette grande dame du journalisme d’être le petit chien du patron est absurde ?

Richard Martineau est LE chroniqueur le plus lu au Québec. Sans oublier qu’il anime Les Francs-tireurs à Télé-Québec, une émission à Radio X à Québec et qu’il donne son opinion le matin à LCN. Vous n’ignorez pas qu’il a longtemps dirigé Voir où il a signé des éditoriaux dont on parle encore 30 ans plus tard. Richard Martineau, dont le franc-parler est légendaire, n’a pas peur pour son gagne-pain, croyez-moi.

Mathieu Bock-Côté aussi s’est prononcé. Grand intellectuel à l’européenne et personnage singulier dans l’univers des médias au Québec, Mathieu, qui détient un doctorat en sociologie, signe des chroniques au Journal depuis plusieurs années. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la politique québécoise et sur le multiculturalisme. Sa réputation grandit en France où il écrit pour Le Figaro. Il est aussi appelé à commenter l’actualité politique dans les grands médias de l’Hexagone.

Josée Legault écrit sur la politique québécoise depuis des décennies. Politologue et historienne de formation, elle a enseigné à l’université de Montréal et a été conseillère de Bernard Landry. On l’a lue dans Le Devoir, dans Voir, dans The Gazette, à L’actualité et aujourd’hui, elle crèche au Journal de Montréal/Québec et à Radio-Canada. Josée Legault à la recherche de tapes dans le dos ? Faites-moi rire.

Mario Dumont, qui a écrit un texte plutôt sympa à votre sujet, n’a pas  besoin de présentation. Croyez-vous vraiment que cet ancien chef de parti prend des ordres de qui que ce soit ? Le ridicule d’une telle chose me terrasse.  

Sophie Durocher est diplômée de la prestigieuse école de journalisme de l’université Colombia. The best. Touche à tout médiatique depuis 25 ans, elle a tenu une chronique à Châtelaine pendant près de huit ans et animé à Radio-Canada, à Télé-Québec et à MAtv. Pour avoir dirigé son travail à Châtelaine, je sais qu’elle écrit pour les lecteurs, pas pour plaire au boss.

Et moi, Lise Ravary, journaliste depuis 46 ans, j’ai créé et dirigé plusieurs grands magazines canadiens, en français et en anglais. Mon travail a été maintes fois reconnu au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde. Chroniqueuse au Journal depuis 2012, je ne me suis pas empêchée d’écrire des textes durs au sujet de Pierre Karl Péladeau pendant qu’il était chef du Parti Québécois. Je n’ai pas été congédiée, ni même réprimandée.

Soyons sérieux, monsieur Taillefer, croyez-vous vraiment que des chroniqueurs de cette trempe agissent comme de vulgaires têteux de patron ? Vous rendez-vous compte de l’énormité de vos propos ?

C’est le genre de bêtises auxquelles on s’attendrait d’un certain Donald Trump. N'allez pas là.