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[EXCLUSIF] Pour une dernière fois: les Pic-Bois au ZooFest

Le duo comique profitera de l’édition 10e anniversaire du festival pour quitter l’événement.

La consigne était: «Faites comme si vous contempliez l’avenir.» Le résultat: de l’art, tout simplement.
Photo: André Péloquin La consigne était: «Faites comme si vous contempliez l’avenir.» Le résultat: de l’art, tout simplement.

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C’est la fin d’une époque.
 
C’est un peu comme une saison de télé sans rôle pour Gildor Roy, un burger sans cornichon ou un festival punk sans participation des Planet Smashers. Vous l’aurez deviné, après sept participations à neuf éditions du ZooFest, les Pic-Bois tireront leur révérence du festival avec un ultime spectacle présenté en juillet prochain.
 
Pour une raison inexplicable, le duo ainsi que leur gérant Étienne Forest et leur collaborateur Julien Bernatchez ont bien voulu dévoiler cette nouvelle en exclusivité au Sac de chips. 
 
Étienne Dano et les bizounes
 
Véritables génies de la mise en scène, le quatuor nous a donné rendez-vous dans une cafétéria de l’UQAM (le groupe y enregistrait un épisode de leur podcast Des si et des rais). Un lieu, donc, à l’image de la nouvelle: triste, morne et qui sent un peu la robine.
 
Si la nouvelle peut surprendre bon nombre de passionnés d’humour local, ceux-ci seraient encore plus surpris d’apprendre que le collectif considère se retirer depuis La ligue d’impro des Pic-Bois, un spectacle tenant davantage de la pièce de théâtre comique que du stand-up traditionnel, présenté l’été dernier au ZooFest.
Un happening, puis un spectacle en tournée, qui a d’ailleurs été très bien reçu par les fans (le prix du public qu’on leur a décerné en témoigne), la critique ainsi que leurs contemporains, selon les principaux intéressés.
 
«Phil Roy m’a dit que c’est le meilleur show d’humour qu’il a vu des cinq dernières années... pis il est à la TV, t’sais!», glisse Dom Massi au passage.
 
«Étienne Dano, lui, a dit qu’il était tanné de me voir la bizoune», ajoute Julien Bernatchez, pas peu fier. 
 
Comme Andy Kaufman!
 
Et c’est justement ce succès qui est venu cimenter l’idée qui habitait les Pic-Bois: «rompre» avec le ZooFest, le festival qui sert de tremplin et de laboratoire à la troupe depuis bientôt une décennie. «On se disait: “Est-ce qu’on termine avec La ligue d’impro pour bien finir?”», lance Dom Massi. 
 
Maxime Gervais, son copilote, renchérit: «Et La ligue n’avait pas été envisagée comme un “au revoir” ou une façon de “célébrer” notre passage à ZooFest.» 
 
«Puis on s’est rappelé que l’événement fêtera son 10e anniversaire cet été et qu’on a quand même participé à huit de ces éditions-là», ajoute son partenaire de scène. «On s’est dit que ça ferait une belle “lettre d’adieu”.»
  • Julien Bernatchez: Une lettre d’adieu, comme dans un suicide, là?
  • Maxime Gervais: Plus comme un party! L’image que j’ai en tête, c’est le fameux spectacle d’Andy Kaufman [à Carnegie Hall avec de la danse, une apparition du père Noël et des biscuits et du lait pour le public]. Il y aura ben des surprises et des invités. Le genre de soirées où tu ne sais pas trop ce qui va arriver.

À défaut de pouvoir mettre la main sur Carnegie Hall, les Pic-Bois présenteront ce chant du cygne à la salle Ludger-Duvernay du Monument National, un théâtre pouvant recevoir jusqu’à 800 personnes, le 19 juillet prochain.  

Au programme, donc, une seule représentation, entre 90 et 120 minutes de nouveau matériel, quelques numéros et personnages déjà appréciés de leur public ainsi que des invités spéciaux comme Mike Ward, Catherine Éthier et... Xavier Caféïne.
 
«On espère y voir des fans des Pic-Bois, des geeks d’humour, mais aussi des gens qu’on ne s’attendrait pas nécessairement à voir dans une soirée du genre», ajoute Étienne Forest, partenaire de scène et gérant du duo. 
L'affiche du spectacle.
L'affiche du spectacle.

Une séparation à l’amiable

Bien qu’on devine la gent humoristique frileuse en cette ère post-Gilbert Rozon et pré -Howie Mandel (le nouveau copropriétaire de Juste pour rire), le duo fait valoir qu’il quitte le navire non pas par friction, mais bien pour un classique de LinkedIn: «Pour relever de nouveaux défis», tranche Massi.
 
Plus tard, l’humoriste et auteur ajoutera que «bien qu’on n’a jamais tenu ça pour acquis, remplir une salle encore et encore, ce n’est pas [aussi grisant qu’] explorer ailleurs. C’est comme l’expression “après avoir monté un bateau, on va explorer l’île”».
  • Maxime Gervais: Les gens disent ça?
  • Julien Bernatchez: Vous avez un bateau!?
Massi demeure de glace, tel un grand un comédien. «Si on revient au ZooFest, plus tard, ça ne sera pas sous le formule “classique” du 60 minutes de spectacle annuel», détaille-t-il, martelant que la relation entre la troupe et l’organisation liée à JPR et menée par Patrick Rozon est toujours au beau fixe.
 
De son côté, Gervais fait aussi valoir que les spectacles mensuels thématiques de la troupe au Théâtre Sainte-Catherine aura permis à son projet d’être moins «dépendant» du ZooFest. «On apprend beaucoup depuis. On a appris à s’autoproduire et à s’autopromouvoir.»
 
Et Julien Bernatchez de conclure brillamment: «Quand les gars m’ont dit qu’ils voulaient s’autoproduire, je leur ai dit: “Hein? Pourquoi produire des autos?”»
 
Bref, ça promet.

Le dernier ZooFest des Pic-Bois. 19 juillet 22 h 30. Salle Ludger-Duvernay du Monument National (1182 boulevard Saint-Laurent, Montréal). Détails sur le site du ZooFest et sur la page Facebook des Pic-Bois. Billet en vente ici.