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Connectés à la sainte mamelle

Connectés à la sainte mamelle
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Le Journal a publié cette semaine les chiffres du financement obtenu par les partis politiques québécois depuis le début de cette année électorale. On y constatait d’abord la faible performance de la CAQ, malgré son avance dans les sondages, puis la première position du PQ qui semble mieux structuré.

Par contre, le constat qui frappe vraiment, c’est que les montants sont minimes. Le financement recueilli auprès des partisans n’a plus beaucoup d’importance. Il représentera à peine entre 10 et 20 % de l’argent dépensé par les partis. Le reste proviendra de l’État.

Nos taxes

Depuis 2013, les partis politiques québécois vivent d’abord et avant tout avec l’argent de nos taxes et impôts. Les versements sont établis selon le nombre de votes à la dernière élection. Cette nouvelle politique est le résultat du traumatisme de la commission Charbonneau.

Financement politique et corruption sont devenus synonymes. Pourtant, le financement politique existe dans toutes les démocraties sur terre, avec divers niveaux d’encadrement. La situation que nous avons créée au Québec est rarissime, si jamais elle existe ailleurs.

Ces données m’ont fait réfléchir cette semaine, surtout en faisant le lien avec la volonté de La Presse de se transformer en OSBL pour aller chercher des fonds publics. Plusieurs voix qui appuient cette demande soutiennent que les médias d’information devront être de plus en plus fortement soutenus par l’État dans les années à venir.

Tous dans l’État !

Imaginez une scène politique où des partis financés par l’État s’affronteraient dans une campagne électorale rapportée au public par des médias financés par l’État. Wow ! Tout l’écosystème médiatique et politique serait comme une grosse société d’État.

Par souci de faire des économies d’échelle, je proposerais alors qu’on héberge tout ce beau monde au même endroit. Pourquoi donner des fortunes à chacun pour qu’il aille payer des loyers à des propriétaires privés ? Tant qu’à tous être financés par l’État, on vous loge dans le complexe G. Chacun son étage !

Carlos Leitao fait les budgets des médias et de tous les partis, ça sera bien géré. Le PQ en charge des ascenseurs, avec leur grand déblocage, ce ne sera jamais congestionné. Et en plus, ils connaissent ça les hauts et les bas. La CAQ achète les provisions, ils encourageront les produits québécois. Québec solidaire en charge de la cafétéria, on va manger bio et équitable !

Médias et partis politiques devraient aussi confier leurs services de paye au système Phénix. Une autre belle mesure d’économie !

Les journalistes se rendront aux conférences de presse en ascenseur, les enveloppes jaunes contenant les dossiers secrets seront simplement laissées dans les pots de fleurs dans le hall d’entrée. Tout est plus efficace dans ce modèle complètement étatique !

Le plus comique, c’est que dans un tel monde où tout serait financé par l’État, il se trouverait des partis politiques pour évoquer la dangereuse montée de la droite et le démantèlement de notre État. Et ils gagneraient des votes avec cela.

J’exagère. Oui. Mais, si la tendance se maintient...