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Martine Ouellet secoue l’embâcle péquiste

Martine Ouellet
Photo Agence QMI, Andréanne Lemire Martine Ouellet

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Je me permets dans ce texte de prendre la défense de Martine Ouellet sur laquelle les médias s’acharnent sans aucune preuve de comportement inapproprié, mais qui me semble être actuellement la seule figure d’un authentique combat indépendantiste.

La crise au Bloc québécois a permis de faire tomber les masques. Loin d’être la catastrophe à laquelle les médias coloniaux font lourdement référence, elle est l’occasion d’une véritable opération de discernement et de recadrage. En clair, elle permet de distinguer le bon grain de l’ivraie.

Un passage obligé

La misogynie affichée des politiciens reconditionnés en analystes n’a pas eu raison jusqu’à maintenant de la détermination de Martine Ouellet à continuer de lutter auprès du peuple. Même le Don Cherry de La Joute et autres petits mononcles en souliers blancs n’en reviennent pas ! C’est un fait rare et précieux de voir une femme indépendantiste résolue à occuper l’avant-scène.

Femme opiniâtre, comme savent l’être les Québécois, elle a montré dans les derniers mois qu’elle n’a jamais reculé devant l’intimidation des imposteurs, des rentiers du statu quo et de ceux ou celles qui confondent les « intérêts du Québec » avec leur fonds de pension ou leurs allocations de dépenses fédérales. Il n’y a de contradiction entre les intérêts du Québec et la promotion de l’indépendance que pour ceux qui tirent profit de l’attentisme, du cynisme et des faux dilemmes.

Plus que jamais, le Bloc demeure le passage obligé en l’absence d’un parti indépendantiste à Québec pour refonder le discours nationaliste. Les membres actuels du Bloc québécois solidaires de Martine Ouellet ne sont ni plus purs ni plus durs que d’autres ; ils sont simplement de vrais indépendantistes. L’article premier du Bloc n’a jamais été amendé, tandis que celui du PQ... À telle enseigne que même le journal La Presse ne trouve plus sa raison d’être ! Il est clair que les attaques médiatiques ad feminem portaient de fait sur la cause qu’elle défend. Ne secoue-t-elle pas l’embâcle péquiste ?

La mascarade a assez duré

Dans l’histoire de la lutte du peuple québécois pour son indépendance, les derniers mois ont été de formidables révélateurs. Depuis plus de 40 ans, le Parti québécois brette, piétine, s’enfonce sans pour autant disparaître. Dernière incarnation de Jean-Jacques Bertrand et de l’Union nationale, Jean-François Lisée apparaît comme le fossoyeur de l’espérance des indécis et des Roger Bontemps. Pour qui le connaît, qu’il veuille désormais s’adresser dans le débat des chefs en anglais aux Anglais n’a rien de surprenant.

Cette mascarade a assez duré. Coquille vide, le parti n’arrive même plus à survivre à sa propre insignifiance historique. Le projet indépendantiste n’appartient pas à la génération des castors bricoleurs de la Révolution tranquille, pas plus qu’à sa bourgeoisie inculte ou parvenue à ses fins grâce à la Caisse de dépôt. C’est un courant historique d’avant-hier et d’après-demain.

L’Histoire ne s’est pas détournée de nous ni ne nous a abandonnés en Amérique pour que nous disparaissions parmi les provinces canadiennes, pour que nous y soyons assimilés ou pour y agrandir le Nouveau-Brunswick. Le projet de se constituer en vrai pays et de parachever une nation moderne reste emballant. Le Québec n’est pas seul dans la francophonie mondiale, il est doté d’une prodigieuse capacité d’action. Aujourd’hui, le meilleur guerrier de l’indépendance est Martine Ouellet et tant qu’elle reste debout, le PQ n’emporte pas avec lui le sort de la question nationale.

Le 1er juin, appuyons Martine Ouellet pour son vote de confiance, et le 1er octobre pour l’élection provinciale, « laissons les morts enterrer les morts ».

- Christian Saint-Germain est professeur titulaire au département de philosophie de l’UQAM