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Le Québec accueillera des espèces en migration

Les changements climatiques poussent au nord animaux et plantes

Arrivé en Ontario depuis l’Asie en 2002, l’agrile du frêne a depuis peu rejoint le Québec.
Photo courtoisie Arrivé en Ontario depuis l’Asie en 2002, l’agrile du frêne a depuis peu rejoint le Québec.

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Le Québec deviendra d’ici moins d’un siècle le dernier refuge de milliers d’espèces d’animaux et de plantes victimes de la destruction de leur habitat naturel plus au sud du continent, à cause des changements climatiques.

Certaines aires protégées d’ici verront ainsi leur population bondir de 530 % d’ici 2100, d’après une étude menée par des scientifiques de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), du ministère des Forêts et de l’Université McGill.

Dominique Berteaux, Professeur à l’UQAR
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Dominique Berteaux, Professeur à l’UQAR

 

Publiée dans le plus récent numéro de la revue Scientific Report, l’étude évalue l’impact des changements climatiques sur la biodiversité dans le réseau québécois d’aires protégées d’ici 2100. Le constat : colonisés par des espèces venues du sud, nos parcs deviendront des refuges de biodiversité pour tout le continent.

En conséquence, un combat de titans se jouera entre les espèces déjà installées et les nouvelles.

Originaire de l’est et du centre de l’Amérique du Nord, le cardinal rouge monte de plus en plus vers le nord, le long du fleuve Saint-Laurent.
Photo courtoisie
Originaire de l’est et du centre de l’Amérique du Nord, le cardinal rouge monte de plus en plus vers le nord, le long du fleuve Saint-Laurent.

 

« Coup de massue »

« Ça pourrait être un coup de massue pour les espèces en péril, comme le caribou », indique Dominique Berteaux, expert en biodiversité nordique, à l’UQAR.

Le phénomène est cependant inévitable, dit le biologiste. « Il faudra accepter et même accueillir les nouvelles espèces. Ce sera notre responsabilité d’avoir une vision continentale de la biodiversité et non plus régionale », insiste-t-il.

La souris à pattes blanches, porteuse de la maladie de Lyme, gagne 11 km par an vers le nord.
Photo courtoisie
La souris à pattes blanches, porteuse de la maladie de Lyme, gagne 11 km par an vers le nord.

 

Le professeur Berteaux souligne que la grande migration est déjà en marche. À Rimouski, il côtoie depuis peu des cardinaux rouges, de petits oiseaux qui étaient auparavant résidents permanents de l’est et du centre de l’Amérique du Nord.

Les cerfs et les prédateurs s’installent dans l’habitat du caribou, menaçant sa survie.
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Les cerfs et les prédateurs s’installent dans l’habitat du caribou, menaçant sa survie.

 

Montréal, halte stratégique

Plus au sud, au Jardin botanique de Montréal, les ornithologues ont observé un héron blanc récemment, un grand échassier habitué des marais de Floride, indique Charles-Mathieu Brunelle, directeur général d’Espace pour la vie.

En raison de sa localisation et de ses espaces verts, « Montréal est dans une position propice pour permettre la migration », indique M. Brunelle.

Originaire d’Amérique du Sud, l’opossum a atteint Montréal et la Montérégie.
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Originaire d’Amérique du Sud, l’opossum a atteint Montréal et la Montérégie.

 

Il est donc essentiel que la métropole et les grands espaces naturels soient interconnectés pour assurer des corridors de migration, ajoute le Pr Berteaux.

M. Brunelle souligne que les citoyens peuvent jouer un rôle pour aider les espèces à s’adapter aux changements climatiques. Il lancera aujourd’hui une série de conférences et d’activité intitulées Rencontres humains-nature.

De juillet à décembre, il sera par exemple possible de dormir à la belle étoile au Jardin botanique ou de recevoir un scientifique chez soi pour une assemblée de cuisine.