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L’information, parent pauvre de Radio-Canada

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Au dernier gala Artis, Pierre Bruneau a gagné pour la énième fois le trophée du meilleur lecteur de nouvelles. Comment pourrait-il en être autrement ? Le gala couronne les artistes et les animateurs qui sont les choix du public, et le téléjournal de Pierre Bruneau à TVA est de loin le plus populaire de notre télévision.

Environ 800 000 Québécois suivent son journal de 18 h, soit à peu près le même nombre d’anglophones qui regardent le National de la chaîne Global à 18 h 30. C’est plus de deux fois l’écoute du téléjournal de Radio-Canada à la même heure. Malgré la qualité de Patrice Roy, celui-ci peine à réunir 300 000 personnes devant l’écran de la télévision publique.

Le soir, Radio-Canada ne fait pas mieux. À TVA, Sophie Thibault rassemble au moins 100 000 spectateurs de plus que Céline Galipeau. Si des milliers sont fidèles à un lecteur ou une lectrice plutôt qu’à une autre, le contenu d’un téléjournal et le traitement qu’on fait de l’information constituent les éléments clés de l’écoute.

RDI LOIN DERRIÈRE LCN

La chaîne d’information continue de la SRC tire aussi de l’arrière. Né deux ans avant LCN, RDI a tenu le haut du pavé tant que le CRTC n’a pas permis à la chaîne privée de présenter à peu près le même contenu que RDI. Durant 10 ans, on ne s’en souvient peut-être pas, LCN devait s’en tenir presque uniquement à des manchettes. En 2006, en élargissant son mandat, le CRTC a involontairement relégué RDI à la stagnation.

Depuis que LCN peut présenter un programme semblable à celui de RDI, il a pris la position de tête et ne l’a jamais perdue.

Avec plus de quatre pour cent de part de marché, LCN fait mieux que Télé-Québec, une chaîne généraliste. LCN est même la chaîne spécialisée la plus populaire.

Comment se fait-il qu’avec trois fois plus de moyens et de personnel, la télévision publique reste à pareille distance de la télé privée ? Dans l’espoir d’améliorer leur écoute, RDI et Radio-Canada ne se font aucun scrupule de réduire leur mandat comme peau de chagrin en concentrant leur attention sur la grande région de Montréal, les Communes et l’Assemblée nationale.

Demandez l’opinion des francophones des Maritimes ou de l’Ouest canadien sur l’information que leur sert Radio-Canada ! Pour savoir ce qui se passe chez eux, ils doivent syntoniser les chaînes anglophones.

DES ÉMISSIONS DE PLACOTAGE

Tous les efforts du réseau français de Radio-Canada sont mis sur les émissions dramatiques, les variétés et les émissions de placotage. Depuis qu’Ottawa a promis des crédits supplémentaires, il ne se passe pas une semaine sans que Radio-Canada annonce une nouvelle série pour l’une ou l’autre de ses plateformes. La direction tire d’ailleurs la plus grande gloire de voir enfin quelques-unes de ses séries dans le palmarès des émissions les plus populaires, mais est-ce ce qu’on attend de la télévision publique ?

Jamais les quelque 700 personnes qui constituent le personnel de l’information à Radio-Canada n’ont été aussi silencieuses. Il faudrait un Marc Thibault ou un Alain Saulnier pour secouer les puces d’une direction qui semble avoir oublié que l’information doit être la vraie force de frappe d’une télévision publique.