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Mike Ward ne me fait pas pleurer

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Dimanche soir, en écoutant Mike Ward se confier à Paul Arcand à TVA, on aurait presque pensé que c’était lui la victime dans l’histoire de Jérémy Gabriel. Faut le faire !

Comme si le gars qui a fait 230 fois une blague sur un enfant handicapé qu’il traitait de « laitte » était le plus à plaindre dans cette histoire ! Désolée, Monsieur Ward, mais mes mouchoirs, je vais les sortir pour Jérémy Gabriel, pas pour vous.

OPÉRATION PITEUX PITOU

Ce qui m’a le plus agacée, c’est l’air de piteux pitou que traînait Mike Ward tout le long de sa Conversation secrète avec Paul Arcand.

Mike Ward affirme qu’il a perdu 150 000 $ (en frais d’avocat) dans l’affaire­­­ Jérémy Gabriel. Mais il faut aussi rappeler que sa campagne GoFundMe a rapporté presque 40 000 $ et que Gilbert Rozon lui-même lui a organisé un spectacle de collecte de fonds !

Comme le rapportait en 2016 ma collègue Annabelle Blais, Mike Ward a raconté à la CBC à quel point « cette saga judiciaire a été bénéfique pour sa popularité, notamment à l’étranger ».

« Ç’a beaucoup aidé [mon image] », disait-il à l’époque. Il affirmait même clairement : « Le prix à payer est faible en comparaison de toute la publicité obtenue en retour. [...] J’ai bénéficié d’une large couverture médiatique, et ça ne m’a coûté que 93 000 $. »

Mike Ward a pressé au maximum le citron de la victimisation à l’étranger. Ce qui lui a attiré la sympathie du public, des journalistes et de ses collègues humoristes. « Bouhouhou, regardez comme je fais pitié, le gouvernement canadien me poursuit pour avoir fait une blague », laissait-il entendre en 2016 à son passage au Fringe Festival d’Édimbourg.

Faudrait savoir quelle est la vraie version : soit Ward a été dévasté et brisé financièrement et humainement par l’affaire Gabriel.

Soit ça ne lui a pas coûté trop cher et il en a tiré une publicité et une reconnaissance inestimable.

DU RIRE AUX LARMES

Une autre chose me chicote. C’est que Mike Ward veut se faire passer pour un humoriste qui n’avait aucune malice. « La joke ne venait pas d’une mauvaise place. Mon intention n’était pas de blesser l’enfant », a-t-il confié à Paul Arcand.

« Je regrette que ça ait sorti de même. À la base, je ne regrette pas la joke ; je n’étais pas assis dans mon bureau en train de me dire : “Comment je pourrais faire mal à un enfant ?” Je regrette que c’est de même que ça ait sorti. »

Soit Ward est de mauvaise foi... soit il nous prend pour des cons.

Quand tu traites un enfant de « laitte » et de « pas beau qui chante » et que tu refais la même blague 230 fois en spectacle, ne viens pas me faire croire que tu ne te doutais pas que ça allait le blesser.

C’est comme le gars qui disait : « J’ai traité ma belle-mère de grosse vache... mais je ne voulais vraiment pas la blesser. »

POUSSE, MAIS POUSSE ÉGAL

Mike Ward a répété à plusieurs reprises à Paul Arcand à quel point il se trouvait « naïf ». J’espère juste qu’il n’est pas assez naïf pour penser qu’on va avoir pitié de lui après cette entrevue.