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Plus pauvres, simplement

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L’Institut du Québec vient de publier un portrait de Montréal en comparaison avec d’autres grandes villes nord-américaines. On y trouve une mine incroyable d’informations sur l’état de Montréal, et notamment sur la position de Montréal par rapport à d’autres grandes villes.

Les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises. Dans certains domaines, la métropole québécoise se classe bien. Par exemple, Montréal est deuxième pour la qualité de vie et son aéroport va mieux.

Néanmoins, il y a une donnée implacable. Au chapitre du niveau de vie, parmi les quinze grandes villes faisant l’objet de la comparaison, Montréal arrive dernière. Même quant au revenu disponible. Montréal est la plus pauvre. Cette année encore, comme l’an dernier.

Montréal est la plus pauvre de toutes ces villes, de la même façon que le Québec est devenu la province la plus pauvre au Canada. En 2003, le Québec arrivait au 4e rang dans le pays. En 2007, nous avions glissé au 6e rang. Puis en 2011, nous nous retrouvions au 9e et avant-dernier rang.

Dernier rang

Depuis 2013, ce qui devait arriver arriva, le Québec a atteint le fond du classement quant au revenu personnel par habitant. En ce sens, le portrait pour Montréal dans l’étude publiée hier constitue un fidèle reflet de la réalité québécoise en Amérique du Nord.

Je suis toujours impressionné de constater à quel point le sujet passe sous silence. Pourtant, ce sont des données, des chiffres froids et clairs. Un peu comme ces données qui disent que les Québécois travaillent moins que les autres Nord-Américains. Les chiffres parlent explicitement, mais lorsque Lucien Bouchard les a cités, il a eu droit à une levée de boucliers et une pluie de reproches.

De nombreux experts tentent par tous les moyens de faire la démonstration que les statistiques sur notre appauvrissement ne reflètent pas toute la réalité. Il y a les programmes sociaux, le modèle québécois, un coût de la vie différent et mille autres facteurs qui devraient nuancer notre lecture.

Universel

Pourtant, le niveau de vie, le revenu par habitant, voilà des instruments de mesure utilisés universellement en économie pour comparer la richesse des sociétés. Pourquoi cela ne s’appliquerait-il pas au Québec ? Nous aurons beau avoir de merveilleux mécanismes de redistribution, nous ne pourrons quand même pas redistribuer la richesse que nous n’avons pas !

Puis, il y a tous ceux qui m’accuseront aujourd’hui de salir le Québec. Si vous parlez haut et fort de cette donnée sur la pauvreté du Québec, vous bavez sur le Québec, vous tentez de rapetisser le Québec et de ternir sa réputation. Il faudrait se fermer les yeux et oublier cette statistique fondamentale.

Tout cela pour dire que lorsqu’un rapport comme celui-ci est publié, la position de queue occupée par la ville en matière de niveau de vie apparaît comme un fait divers. Personne ne sonne l’alarme, personne ne crie au secours.

Et bien, pardonnez-moi, je hurle, parce que je trouve que c’est inacceptable. Nous pouvons et nous devons faire mieux !