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Rendez-vous avec un batailleur acharné

Il sera possible de croiser le fer avec l’alose savoureuse au cours des prochaines semaines.
Photo courtoisie Il sera possible de croiser le fer avec l’alose savoureuse au cours des prochaines semaines.

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Année après année, une espèce de la famille des harengs quitte les eaux salées et nous rend visite, au grand plaisir des manieurs de canne.

Même si la truite est le poisson le plus populaire au Québec, en mai et en juin, certains amateurs de pêche consacrent trois ou quatre semaines presque uniquement à la capture d’un bagarreur anadrome qui porte le nom d’alose.

Afin d’aider les lecteurs du Journal de Montréal à mieux connaître ces visiteurs et à les déjouer, j’ai rencontré Réal Larose, un pêcheur qui, depuis plus de 40 ans, pratique avec passion cette pêche amusante qui procure beaucoup de plaisir à ceux qui relèvent le défi qu’ils nous proposent.

Cet expert expliquait que l’alose est un poisson particulier, différent de presque tous les autres au Québec. Pour se reproduire, tôt le printemps, il quitte son habitat en mer pour traverser le golfe et remonter le Saint-Laurent à la recherche d’un site propice pour pondre ses œufs. Son périple de reproduction est freiné momentanément par les barrages sur la rivière des Prairies et la rivière des

Outaouais et c’est là qu’il peut être capturé. Ce regroupement de poissons en aval des barrages se produit uniquement de la mi-mai à la mi-juin. Alors, si vous voulez vous initier à la pêche à l’alose, c’est seulement durant cette période que vous pourrez faire vos premières armes.

Trucs et astuces

Pour vous aider à capturer de belles aloses, voici 10 conseils de Réal Larose

1. L’alose est un poisson qui bouge continuellement. Il ne prend pas position à un endroit comme l’achigan, le doré ou le brochet. Il circule en groupe de plusieurs individus à la base des barrages, recherchant la voie d’accès qui lui permettra de rejoindre les sites de fraie. Alors, si vous pêchez dans un secteur propice, le poisson viendra à vous.

2. L’alose ne se tient ni près du fond ni près de la surface. Elle circule entre deux eaux et c’est là qu’il faut présenter votre leurre.

3. L’alose ne se déplace jamais seule. Elle se déplace toujours en groupe plus ou moins compact. Alors, si un pêcheur à proximité a une touche, il faut porter attention, car il y a de fortes chances qu’un autre poisson du groupe attaque votre leurre.

4. Les sites de pêche accessibles et productifs sont plutôt restreints et très fréquentés. Ils se résument presque aux eaux en aval de la centrale de la Rivière-des-Prairies et de la centrale de Carillon. Il faut donc arriver tôt le matin et s’attendre à pêcher en communauté.

5. Près de la centrale de la Rivière-des-Prairies, la pêche se pratique à gué et en embarcation, tandis qu’à Carillon, elle se pratique uniquement en bateau. Dans les deux cas, il faut être extrêmement prudent, car les eaux sont agitées et les courants forts.

6. Côté équipement, la canne et le moulinet pour le lancer léger que vous utilisez pour la truite, le doré ou l’achigan conviennent très bien pour la pêche à l’alose dans la plupart des cas. Si vous pêchez à gué et désirez vous procurer un équipement plus spécialisé, une canne pour le lancer léger de 7 pieds ou 7 ½ pieds pouvant lancer des leurres entre 1/16 et ¼ oz, est idéale pour rejoindre plus facilement la zone de courant fréquentée par les aloses. Il faut une canne flexible, portant la désignation L ou ML, pour réussir à propulser à bonne distance les leurres très légers qui sont utilisés pour les déjouer.

7. Pour compléter cette canne, un moulinet de bonne qualité est essentiel. Ce dernier est très sollicité puisque les lancers sont répétitifs. En plus, l’alose est un poisson qui circule dans le courant et qui l’utilise à son avantage durant le combat. Donc, les batailles sont ardues et le frein du moulinet mis à rude épreuve.

8. Pour le fil, certains vétérans utilisent encore du monofilament, mais un fort contingent de nouveaux pêcheurs s’est tourné vers la tresse. Le verdict est encore à venir. Le plus important, c’est de remplir suffisamment la bobine du moulinet et se servir d’un fil de faible diamètre qui permet au leurre de petite dimension d’évoluer librement.

9. Le choix du leurre est ce qu’il y a de plus simple. Cela se résume à un petit jig, le plus souvent rouge et blanc, qui porte le nom de Shad Dart. Composé d’une tête en plomb plutôt allongée et d’une petite touffe de tinsel ou de poil, ce leurre de trois centimètres est manœuvré pour qu’il dérive dans le courant. Si vous pêchez de la berge, vous le lancez le plus loin possible, un peu en amont, puis le laissez dériver sur plusieurs mètres. C’est un peu comme la pêche à la mouche. En bateau, de nombreux pêcheurs laissent tout simplement le leurre évoluer à l’arrière de l’embarcation.

10. La pêche à l’alose est une pêche communautaire. Le poisson est unique et la bataille spectaculaire. Beaucoup de pêcheurs veulent en profiter. Il s’agit d’une belle opportunité pour se faire des amis

Bonne pêche !