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Les souliers des Rancourt

Neuf marathoniens d’une famille donnent des chaussures aux jeunes de leur village

Les élèves de l’école Le Maillon étaient très contents de montrer leurs nouveaux souliers de course. Benoit et Bernard Rancourt.
Photo David Prince Les élèves de l’école Le Maillon étaient très contents de montrer leurs nouveaux souliers de course. Benoit et Bernard Rancourt.

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SAINTE-GERMAINE-BOULÉ | Huit frères et une sœur qui cumulent 331 marathons ont permis aux 81 élèves de l’école primaire de leur village de recevoir une paire de souliers neufs.

La course à pied est une histoire de famille chez les Rancourt de Sainte-Germaine-Boulé, un petit village de l’Abitibi qui compte moins de 1000 habitants.

Sur les 12 frères et sœurs, neuf ont déjà couru des marathons, dont huit frères âgés de 52 à 68 ans qui en font encore régulièrement.

D’ailleurs, six d’entre eux sont déjà qualifiés pour le prestigieux marathon de Boston 2019.

« Ce sera la première fois qu’on y participe à six. Cette année, nous étions cinq frères à Boston », a dit Bernard Rancourt.

La fille de Benoit, Tania, est également une grande athlète, elle qui vient de terminer au 9e rang dans une course de 100 milles (160 kilomètres) aux États-Unis. Elle a franchi la distance en 27 heures.

Des souliers

Bernard Rancourt donne une paire de souliers à Daniela Dorval, une élève de deuxième année de Sainte-Germaine-Boulé.
Photo David Prince
Bernard Rancourt donne une paire de souliers à Daniela Dorval, une élève de deuxième année de Sainte-Germaine-Boulé.

Dans leur petit village, les Rancourt sont très connus pour la course à pied, mais ils n’avaient jamais eu l’occasion de raconter leur histoire parfois tragique à la population (voir autre texte).

Au début de mai, l’infirmière Manon Drouin a organisé une conférence intitulée Une famille, un sport, un village, afin d’amasser des fonds pour acheter des souliers de course neufs à chacun des 81 enfants de l’école primaire Le Maillon.

Les enfants les ont reçus jeudi et il y avait une ambiance de Noël dans le gymnase de l’école.

« C’est vraiment le fun de voir ça. On aurait aimé ça à leur âge avoir des souliers neufs. Mais dans ce temps-là, on courait surtout dans le champ pendant le temps des foins. En tout cas, on espère que les enfants vont les user », se dit Benoit Rancourt, l’aîné de la famille qui cumule 132 marathons.

Très content

Des activités physiques avaient été organisées jeudi après-midi pour essayer les nouvelles chaussures. Ici, Gabriel Tremblay à la course.
Photo David Prince
Des activités physiques avaient été organisées jeudi après-midi pour essayer les nouvelles chaussures. Ici, Gabriel Tremblay à la course.

Le petit Mathias Morin, huit ans, était très heureux d’essayer ses chaussures pour la première fois, lui qui aime beaucoup jouer dehors.

« Ils sont vraiment beaux. J’ai hâte de les essayer », a-t-il dit.

Un des organisateurs, Mario Tremblay, espère amener les jeunes à bouger grâce à leurs nouvelles chaussures. « Ils [les frères Rancourt] sont une inspiration pour les enfants. Dans la classe de 6e année, ils ont fait de la géographie à partir de tous les endroits où ils ont couru sur la planète », a-t-il dit.

D’ailleurs, le marathon est une façon de voyager pour Benoit Rancourt. Il ne planifie jamais un voyage sans s’assurer qu’il y a un marathon proche au même moment.

Tout un palmarès !

Benoit 132 marathons
Bernard  81 marathons
René  37 marathons
Jasmin
28  marathons
 Roland 15 marathons
Sylvio 13 marathons
Sylvain
13  marathons
Alain 11 marathons
Sylvie 1 marathon

 


Il court avec un seul rein

Au fil des ans, les Rancourt ont été affectés par plusieurs problèmes de santé ou personnels, mais la course à pied les a toujours aidés à se relever.

En 1993, Bernard Rancourt a dû se faire enlever un rein. Il a trouvé ça très difficile lorsqu’il a recommencé à courir cinq ans plus tard après plusieurs années sans enfiler les souliers. Mais aujourd’hui, il ne regrette pas du tout sa décision.

« Courir avec un seul rein ne change rien. Sauf peut-être que je suis plus léger », a-t-il dit à la blague.

En 2008, son frère Roland a subi un AVC, qui aurait pu avoir de graves conséquences. Mais en raison de sa bonne forme physique, il s’est relativement bien remis. Il réussit encore à courir et à franchir des marathons.

« C’est vraiment très impressionnant ce qu’il réussit à faire », a raconté l’infirmière Manon Drouin.

Benoit s’est déjà cassé une jambe et le retour à la course a également été difficile.

D’ailleurs, les Rancourt sont convaincus d’avoir une excellente génétique qui leur permet de courir longtemps. Selon Bernard, ils ont été bien épargnés par les blessures.

Épreuves de la vie

Pendant leur conférence au début mai, il a été beaucoup question du plaisir qu’ils ont à courir, mais également comment le sport les aide à se remettre des épreuves de la vie.

« On n’est pas sur le point d’arrêter de courir. Nous avons encore des objectifs à atteindre. Je crois que c’est ça le truc. Toujours se donner des objectifs et tenter de les atteindre », a dit Bernard Rancourt.