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Luck Mervil me dégoûte

Luck Mervil
Photo Chantal Poirier Luck Mervil

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Si un jour quelqu’un écrit le livre Les 1001 choses à NE PAS FAIRE quand tu es une vedette au Québec, j’espère que tout un chapitre sera consacré à Luck Mervil.

La façon indécente dont le chanteur a fait face à sa sentence dans une sordide histoire d’exploitation sexuelle de mineure est un exemple parfait d’un artiste qui se pense au-dessus des lois juste parce qu’il est une vedette.

« Cette femme-là »

À sa sortie du palais de justice, après avoir reçu une sentence bonbon de six mois à purger dans la collectivité, Luck Mervil a dit aux journalistes : « J’espère que cette femme-là va pouvoir reprendre sa vie. Pour le reste, écoutez, allez faire un tour sur YouTube, sur mon canal. J’ai laissé un petit mot pour vous, pour tout le monde, pour la population. Faites la recherche avec “Les m.o.t.s. d.i.t.s.” ».

On aurait dit un chanteur en tournée de promotion qui encourage les paparazzi à aller voir le vidéoclip de son dernier succès ou qui encourage son fan-club à aller sur son site pour y lire les derniers potins sur son idole.

Non, mais sur quelle planète vit donc cet homme imbu de lui-même ?

Parce qu’il a connu le succès avec Rude Luck, avec ses albums, en jouant dans Notre-Dame de Paris ou en animant à la télé, Luck Mervil se permet de traiter les gens de haut comme si c’était un grand seigneur qui distribue ses perles de sagesse ?

Dans sa fameuse vidéo Les mots dits, il va même jusqu’à dire : « Si cette triste histoire peut au moins apporter quelque chose de positif dans le comportement homme-femme, si cette histoire-là peut faire en sorte que la société s’améliore, il y aura au moins eu ça de positif ».

Un peu plus et Luck Mervil va nous proposer de le déclarer travailleur humanitaire ou lauréat du prix du Féministe de l’année.

Si Luck Mervil espérait un jour avoir droit à « une deuxième chance », il aurait dû prendre exemple sur d’autres artistes qui ont été accusés, dans certains cas de choses beaucoup moins graves que lui, et qui ont gardé le profil bas ou qui se sont autoflagellés dans un talk-show avec une boîte de Kleenex sur les genoux.

En 2004, quand la SSJB l’a nommé Patriote de l’année, Luck Mervil avait déclaré ceci : « Il faut rester lucide : je l’ai parce que je suis médiatisé. C’est un avantage, mais qui implique aussi une grande responsabilité. Les gestes que l’on fait et les mots que l’on dit peuvent avoir un impact. Il faut donc s’en servir à bon escient. » Aujourd’hui, Luck Mervil se plaint du mauvais traitement des médias à son égard. Mais il ne comprend pas que son pire ennemi... c’est lui-même !

Un goût de mauvais goût

En 2004, Luck Mervil, comédien à ses heures, jouait dans un film adapté d’un livre de Dany Laferrière. Luck Mervil en avait aussi composé la chanson thème. « J’aime ses seins si durs qui durent toute l’éternité, quelques années. J’aime ses cuisses lisses qui me rassurent », chantait-il.

Et comment s’appelaient le film et la chanson ? Le goût des jeunes filles.

Ça ne s’invente pas.