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En guerre contre la fausse bouffe

En guerre contre la fausse bouffe
Illustration Nathalie Samson

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Sans me transformer en Fardoche de Passe-Partout avec les salopettes et la chemise carreautée, j’ai décidé de finalement passer à l’action et de reprendre le contrôle de ma bouffe. Plus précisément, je veux le moins d’intervenants possible et m’éloigner le plus loin possible du cocktail produits chimiques/OGM avec lesquels les multinationales nous gavent sans remords.

Je vous l’accorde, ça sonne comme un vieux discours hippie qui revient à la mode, mais plus je regarde autour de moi et tous les nouveaux reportages que je vois à la télé et surtout sur Netflix­­­, ça sent la révolution.

Tout a commencé l’été dernier quand j’étais au chalet dans Charlevoix. J’ai passé la semaine à me nourrir de produits locaux achetés à la ferme. Rien à comparer aux tomates et concombres que l’on trouve dans les grandes surfaces, c’était littéralement une pure explosion de saveurs ! J’avais l’impression de retrouver ce que ça goûtait vraiment à l’origine.

Sans saveur

Quelle déception une semaine plus tard lorsque j’ai retrouvé ces mêmes légumes sans saveur empilés un par-dessus l’autre dans leur prison de casseau en plastique à mon supermarché. Au prix que coûte la nourriture, avec tout ce qu’ils ajoutent dans notre bouffe et tout ce qu’ils modifient, est-ce qu’ils peuvent au moins laisser le goût qu’on devrait y trouver ?

C’est sûr que, tout l’été, on trouve d’excellents marchés publics. T’as juste à te promener sur une route de campagne pour voir un cultivateur t’offrir ses récoltes avec fierté et plaisir.

Mais l’hiver ? On doit se résigner à retourner aux légumes pris en otage par la mafia de la bouffe en comptant les jours avant que ça recommence à pousser­­­ sur nos terres.

C’est là que je me suis souvenu d’un Samuel Caron qui m’avait écrit un jour à la radio pour me parler de son projet de serre intérieure. Le plus drôle, c’est que j’ai pensé à lui au moment même où je mordais dans une tomate drabe au goût et que j’ai eu la surprise de voir un message de lui apparaître dans ma messagerie Facebook.

C’était un signe assez évident !

En fait, plus qu’un signe, c’est ma nouvelle aventure : reprendre le contrôle de ma bouffe.

Alors, je vous confirme que depuis une semaine, inspiré par Samuel, j’ai un système de serre intérieure, un simple petit rack pour commencer, car je suis pas mal agriculteur ceinture blanche. Si vous voulez voir de quoi ça a l’air, allez sur la page Facebook de Samuel (Vertikaroma) ou sur la mienne, car je peux vous montrer ma version plus modeste à la Fardoche.

Information claire

Inquiétez-vous pas, j’ai juste pris la décision de me joindre à cette milice qui a compris il y a longtemps que si l’on ne peut compter sur le gouvernement pour exiger que tout soit clairement indiqué sur les produits qu’on achète, c’est encore une fois à nous de nous tenir ensemble pour nous partager la vraie information.

Mon but n’est pas de créer une jungle chez moi à travers laquelle ça prendrait une machette pour me rendre jusqu’au sofa. Je suis juste tanné de faire rire de moi et de payer 7 $ pour un casseau d’imitation de fraises au mois de novembre.

Je suis tanné de me faire imposer ce que l’on injecte dans notre bouffe. J’ai juste hâte qu’on leur mette assez de pression pour qu’ils respectent ce qu’on veut dans notre assiette.

Et à travers tout ça, je me dis que lorsque la guerre contre les zombies va arriver, je devrais survivre une couple de mois de plus, bien caché dans mon sous-sol.