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Il lance son entreprise pour combattre sa maladie

Le jeune homme atteint de fibrose kystique a complètement changé son mode de vie

Alek Leboeuf, âgé de 17 ans, avec sa mère Mélanie Guérin, à l’Hôpital de Montréal pour enfants. L’adolescent de Sainte-Sabine en Montérégie a lancé sa propre entreprise de tonte de pelouse pour rester actif et combattre la fibrose kystique dont il est atteint.
Photo Ben Pelosse Alek Leboeuf, âgé de 17 ans, avec sa mère Mélanie Guérin, à l’Hôpital de Montréal pour enfants. L’adolescent de Sainte-Sabine en Montérégie a lancé sa propre entreprise de tonte de pelouse pour rester actif et combattre la fibrose kystique dont il est atteint.

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Déterminé à dompter sa fibrose kystique, un adolescent de la Montérégie est devenu un exemple de résilience en s’entraînant et tondant des pelouses presque tous les jours pour rester en forme.

« Depuis que j’ai commencé à travailler et m’entraîner, ça déloge mes sécrétions et j’ai moins de misère à respirer », lance avec fierté Alek Leboeuf, âgé de 17 ans. « Mes amis à l’école ne savent même pas que j’ai la fibrose kystique, parce que ça ne paraît pas », ajoute-t-il, tout sourire.

Le jeune homme de Sainte-Sabine s’estime d’ailleurs en meilleure santé aujourd’hui qu’avant qu’il ne reçoive son diagnostic, il y a sept ans.

Sa mère, Mélanie Guérin, se souvient de son enfance marquée par la maladie, alors que son fils souffrait d’« infections par-dessus infections et de bronchites, mais sans jamais avoir de diagnostic précis ».

Forme rare

Puis, les médecins de l’Hôpital de Montréal pour enfants ont découvert une forme rare dite « variante » de la fibrose kystique. La maladie, qui cause des accumulations de mucus dans les poumons, est limitée à son système respiratoire, alors que, pour de nombreux malades, le système digestif est aussi attaqué.

Les personnes atteintes de fibrose kystique souffrent aussi souvent de malnutrition, car la nourriture est moins bien absorbée par l’organisme. Le premier été où Alek a dû rester assis à la maison pour prendre du poids, afin d’améliorer sa santé, a brisé le cœur de Mélanie Guérin.

« Ça a été le moment le plus difficile de la maladie », se souvient-elle, déchirée de voir son fils s’enfermer à l’air climatisé de peur de perdre trop de calories.

Mais Alek s’est vite retroussé les manches, décidé à ne plus avoir des étés aussi pénibles. Armé d’une toute nouvelle tondeuse électrique et d’un taille-bordure, il a lancé son entreprise Éco-Pelouse pour entretenir les vastes terrains de ses voisins.

Rapidement, il a accumulé une quinzaine de clients et, l’an dernier, il a même emprunté de l’argent à sa grand-mère pour s’acheter un tracteur de 6000 $.

L’automne, il récolte les feuilles et les branches mortes sur les terrains de ses clients. Puis l’hiver, il compte faire du déneigement. Il s’est aussi trouvé du travail auprès d’une entreprise de paysagement.

Comme si ce n’était pas assez, Alek va aussi s’entraîner au gym jusqu’à cinq jours par semaine et mange 6000 calories par jour. Il a récemment pris près de 40 livres en deux mois grâce à ses efforts.

Patient modèle

« Il a trouvé une façon géniale de combiner l’activité physique et un emploi », le félicite le Dr Larry Lands, directeur du service de médecine respiratoire pédiatrique et de la clinique de fibrose kystique.

Pour lui, Alek Leboeuf est un patient « modèle », dont la détermination et la persévérance peuvent servir d’exemple aux autres malades.

« Il simplifie notre travail », ajoute-t-il à propos de l’adolescent.