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La meilleure série télé de l’heure

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Connaissez-vous le Binge Report ? C’est un site qui répertorie chaque semaine quelles sont les séries les plus écoutées de façon boulimique (binge-watching) à travers la planète.

Or, quelle est la série qui a été le plus souvent en première position de ce palmarès depuis le début de l’année ? C’est Casa de papel (ou Money Heist), une série originale espagnole diffusée sur Netflix. Docteur, suis-je normale ? Moi aussi je suis devenue complètement accro de cette série dont j’ai dévoré les saisons 1 et 2 en quelques jours.

Prise en otage par une série

Casa de papel (La maison de papier), c’est l’histoire de huit criminels qui font une prise d’otages et un hold-up dans la Maison royale de la monnaie d’Espagne. Ils sont guidés par un personnage brillantissime, appelé Le Professeur, qui joue au chat et à la souris avec la police espagnole en la laissant constamment sur de fausses pistes. Chaque braqueur porte un nom de capitale (Tokyo, Rio, Berlin, Helsinki, etc., car ils ignorent tous la vraie identité de leurs comparses).

Casa de Papel est la série dans une langue autre que l’anglais qui a été la plus vue sur Netflix. Pas étonnant. C’est carrément génial. Bien réalisé (avec des images très léchées et un montage haletant), bien joué (Alvaro Morte, qui incarne le Professeur, est à la fois mystérieux et terriblement attachant), et surtout, bien écrit. Chaque épisode se termine avec un retournement de situation qui nous tient en haleine... et on a juste envie de s’envoyer le plus rapidement possible la prochaine dose d’adrénaline.

Le génie de cette série, c’est qu’elle mêle une histoire classique de braquage à deux ou trois histoires d’amour assez bien ficelées.

Non vraiment, la seule chose qui m’a chicotée dans cette série, c’est que l’histoire est tellement bien écrite et les comédiens tellement talentueux... qu’on finit par les trouver attachants (sauf le personnage de Berlin qui est un psychopathe inquiétant) et éprouver de la sympathie pour leur cause. Comment se fait-il que j’aie eu envie d’applaudir les criminels et de huer les policiers ?

En fait, j’ai éprouvé par moments le même malaise qu’avec une autre série brillante qui a marqué l’histoire de la télé, Les Sopranos, dans laquelle on finissait par s’attacher à Tony Soprano, alors qu’il était un sordide chef de mafia, à la tête d’un violent empire du vice.

La série Casa de Papel a été à l’origine produite et diffusée sur la chaîne espagnole Antena 3. Mais la saison 3 va être entièrement produite par Netflix. Casa de Papel 3 ne sortira qu’en 2019. D’ici là, je l’avoue, je vais m’ennuyer du beau visage de Tokyo, du rire particulier de Denver, du front de bœuf de Nairobi et de la très jolie policière Raquel... Suis-je normale, docteur ?

De kessé ?

En terminant, dans un tout autre ordre d’idées, je n’en reviens pas que la version québécoise de la comédie américaine The Spy Who Dumped Me (avec Mila Kunis et Kate McKinnon), qui sortira en août au cinéma, porte l’horrible titre L’espion qui m’a dompée.

« Dompée », vraiment ? Alors qu’en France, le film s’intitule de façon tout à fait appropriée L’espion qui m’a larguée.

Sommes-nous si fiers de nos anglicismes qu’on veut les voir s’afficher en grosses lettres ?