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Trudeau au théâtre du G7

Trudeau au théâtre du G7

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Le pique-nique des Patriotes était à peine terminé que la télévision du Canada annonçait l’arrivée aéroportée de Justin Trudeau dans Charlevoix où le sort du monde sera discuté bientôt.

Le télescopage des évènements avait quelque chose de cocasse, comme une gaffe en pleines funérailles: figées devant la lentille du photographe, les bonnes bouilles de Pauline Marois, Nicole Léger, Carole Poirier, Louise Harel...

Martine Ouellet était là pour ajouter à l’ambiance; il ne manquait que Claudette Carbonneau, l’ancienne Gouverneure générale de la CSN, pour incarner le chemin des victoires...

Trudeau au théâtre du G7
Photo d'Archives

Gilles Duceppe, Bernard Landry, Mario Beaulieu et cie prenaient la pose des seconds violons parmi les talons hauts et l’ensemble avait un étrange air de déjà-vu... Cette photographie finira au musée du Bloc... 

Deux jours plus tard donc, Trudeau, le Petit Père du Déficit, débarquait aux abords du casino de l’Âge d’or pour faire cadeau de sa présence et expliquer la nécessité des barbelés au peuple en pâmoison... ou en bas de contention.

Mais le rassemblement des bonimenteurs de la planète ne sera pas une fête inclusive, sauf pour l’amicale policière des heures supplémentaires. Circulation stoppée, badauds confinés, pattes blanches obligatoires au Boni-Choix... Il faudra faire des provisions de baloné pour survivre au débarquement des empereurs...

Ça donnera évidemment aux paumés de tous les horizons l’occasion de se délier les muscles en saccageant commerces et biens publics. Ils afficheront à nouveau les slogans révolutionnaires qui ne disent rien à la majorité... Des bourgeois en capuchon cherchant une planque, une paye, une permanence... Des grenouilles qui se cherchent un étang...

Tout ça ne changera rien à rien. Trudeau veut promouvoir l’égalité homme/femme, parler des autochtones et de l’environnement... La Syrie, l’Ukraine, les tensions en mer de Chine, Raïf Badaoui, c’est trop pour lui...

J’imagine ce qu’en pensent Trump, Poutine et les autres, tous ceux qui se partagent le monde, continent par continent, laissant le Douchebag des Communes barboter dans l’océan des bons sentiments...

Notre Surfeur Multiculturaliste sourira à la ronde, répondra en espéranto aux questions simples pendant que, dans sa circonscription de Papineau, les éclopés, les édentés et les crânes tatoués continueront à se disputer des bouts de trottoirs lézardés, au son d’une étrange musique: est-ce de l’anglais et du congolais?

Le Canada n’est déjà plus ce qu’il était...

À la frontière, la farce douanière ne dérougit pas et les faux réfugiés affluent, polis et bien vêtus... L’Auberge des Gouverneurs, c’est par là, et ne vous fiez pas aux alentours...

Trudeau dit que tous ces pauvres gens ne pourront s’installer à demeure, et sans doute pas dans la pauvre circonscription de Papineau, depuis si longtemps libérale que certains jours on s’y croirait ailleurs... Ils seront plutôt renvoyés dans leur pays «dans quelques années»...

Personne ne l’a cru, évidemment. Les réfugiés, c’est comme le déficit ou le pétrole...

Le Grand Fanal de la Civilisation n’a rien à foutre de la réalité; son truc, c’est la joie de vivre... Poser devant un téléphone avec des fillettes le comble de bonheur. Ça ne marchera pas avec les dirigeants du G7, mais on n’a jamais pensé qu’il y ferait la moindre différence... Le Canada est à peine gouverné, et surtout par le fisc...

Trudeau au théâtre du G7
Photo AFP

Quand on lui dit que la taxe carbone fait grimper le prix de l’essence, le Luminaire du Vocabulaire explique que les comportements du peuple changent et «c’est exactement ce que nous voulons»... 

On n’a pas entendu ça au Québec, malheureusement trop souvent centré sur lui-même comme un escargot unilingue, heureux d’aller nulle part, chérissant ses artistes, ses politiciens et les choses simples, immuables...

Notre LSD, le Leader Sublime et Désopilant, est reparti du Charlevoix comme il était venu, remontant dans le ciel comme un sauveur, pas un cheveu blanc dans ses couettes au vent: Be-Bye, soyez sécures! Je reviendrai avant ma résurrection...

Aussi comique que sa moitié d’Air Miles, Sophie Grégoire Trudeau, Simili Première Dame, Yogi de Haute Couture, qui a eu droit à une magistrale lichette à la télé d’État, il y a quelques jours. Les langues étaient si bien pendues, si généreuses en compliments qu’il aurait fallu des essuie-glaces aux écrans plats...

C’était un retour temporel à la cour du tsar ou du marquis de la Tour Machin: une courtisane blondie par la chimie qui cire les souliers d’une fausse reine, qui use de sa salive pour tout faire briller... et pas que les souliers.

Remarquez que lorsqu’on doit sa case horaire, sa paye et ses futons au gouvernement fédéral, on fait ce qu’il faut pour que ça dure. C’était jadis moins grossier, les flagorneurs avaient quelque instruction, on ne sentait pas les basses manœuvres, tout était lubrifié par la finesse des mots et des idées...

Mais l’époque est sans pudeur. Ni à la hauteur de celle d'hier. Trudeau et sa femme peuvent dire n’importe quoi parce qu’ils sont de leur temps...