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Retour sur C2 : De grandes idées, des bobos, des détracteurs et Snoop Dogg

Retour sur C2 : De grandes idées, des bobos, des détracteurs et Snoop Dogg
Crédit photo : Louis Delisle

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(pour un résumé de la présentation de Snoop Dogg, c'est au bas de l'article)

La semaine dernière, des milliers de gens d’affaires, de pub et des médias ont parcouru le site du C2 aux abords du canal Lachine. Ils se sont rassemblés pour entendre parler de changement, d’innovation et de progrès. Les participants qui ont laissé le cynisme de côté et joué le jeu à fond ont eu l’impression de vivre un moment spécial, voire «transformatif».

S’y sont mêlés ceux qui cherchaient à s’afficher ou à profiter de quelques jours hors du bureau.

Retour sur C2 : De grandes idées, des bobos, des détracteurs et Snoop Dogg
Crédit photo : Louis Delisle

Les détracteurs, bien enorgueillis de ne pas y participer, ont clamé que ce cirque ne mène à rien et coûte cher aux contribuables. (15 % du budget de 12,3 millions $ provient de subventions)

La présence de Snoop Dogg, les installations flyées, les ateliers de réseautage, les prestations artistiques, les food trucks et la centaine de conférenciers ont permis de pondre d’innombrables stories Instagram reposant sur un nid de hashtags et de buzzwords.

Retour sur C2 : De grandes idées, des bobos, des détracteurs et Snoop Dogg
Crédit photo : Louis Delisle

Le côté bobo et «m’as-tu-vu» de la patente a procuré un malin plaisir à ceux qui n’y voient qu’un grand exercice masturbatoire commercial et élitiste.

Kelsey Halling explique comment son entreprise Thread International travaille avec des communautés de pays défavorisés et utilise les déchets plastiques pour confectionner des vêtements.
Crédit photo : Louis Delisle
Kelsey Halling explique comment son entreprise Thread International travaille avec des communautés de pays défavorisés et utilise les déchets plastiques pour confectionner des vêtements.

Le journaliste Martin Forgues a écrit que c’est un «emporium du vide intellectuel et de la propagande marchande qu’on appelle publicité afin de s’alléger la conscience.»  C’est tellement créatif comme description qu’on devrait l’inviter l’an prochain pour animer une «table ronde sur la communication du discours engagé par un humain à l’ère de l’intelligence artificielle».

Retour sur C2 : De grandes idées, des bobos, des détracteurs et Snoop Dogg
Crédit photo : Louis Delisle

Fidèles à leur époque, les deux clans se rejoignent dans leur enthousiasme à afficher leurs couleurs en ligne. Si être au C2 est une façon de se «brander», s’en moquer l’est aussi.

Tout le monde y trouve son compte!

Ce qu’est véritablement le C2 se situe à mi-chemin entre ces perceptions antagoniques. Et c’est bien suffisant pour souhaiter son retour.

Notre entretien avec Bertrand Badré, ancien DG de la Banque mondiale, maintenant PDG d'un fonds d'investissement spécialisé dans le développement durable.
Crédit photo : François Breton-Champigny
Notre entretien avec Bertrand Badré, ancien DG de la Banque mondiale, maintenant PDG d'un fonds d'investissement spécialisé dans le développement durable.

Malgré quelques conférenciers moins pertinents et l’enrobage parfois trop clinquant à mon goût, j’ai vécu d’enrichissantes expériences.

Alexander Keblow Kofoed et Christian Skjøtt, deux étudiants danois, ont expliqué leur idée originale pour pousser les grands décideurs à faire des changements climatiques leur priorité.
Crédit photo : Louis Delisle
Alexander Keblow Kofoed et Christian Skjøtt, deux étudiants danois, ont expliqué leur idée originale pour pousser les grands décideurs à faire des changements climatiques leur priorité.

Une grande place a été faite à ceux qui sont dans l’action concrète et bénéfique à l’avancement des causes environnementales, du développement humain, de l’information et de la santé. J’ai assisté à de très intéressants discours et j’espère qu'ils ont trouvé oreille attentive chez les bonzes du monde des affaires qui étaient présents.

En l’occurrence, celui de Jean-Martin Fortier, alias l’agriculteur révolutionnaire, qui souhaite que son message ait trouvé écho et inspiré des changements. C’est non sans une touche d’ironie qu’il nous a confié à la fin d’une entrevue: «C’est à C2 qu’on fait la révolution.»

Jean-Martin Fortier nous présentait sa vision de l'agriculture bio.
Crédit photo : Louis Delisle
Jean-Martin Fortier nous présentait sa vision de l'agriculture bio.

On se doute bien que ce n’est pas le cas, mais si seulement deux ou trois grandes idées novatrices progressent ou se concrétisent grâce au C2 Montréal 2018, ça vaudra encore la peine d'accorder quelques subventions à ce sympathique rendez-vous mi-bobo mi-idéaliste. 

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Crédit photo : Louis Delisle

 

Snoop Dogg, le rappeur conférencier

Snoop, entouré de l’intervieweur (à gauche) et son partenaire d’affaires Ted Chung.
Snoop, entouré de l’intervieweur (à gauche) et son partenaire d’affaires Ted Chung.

Respectant la tradition des rappeurs, il est arrivé un peu en retard pour la présentation finale du C2 avant les festivités de clôture. La foule sous le chapiteau ne lui en a pas tenu rigueur.

Durant la première partie de l’entretien de 45 minutes, lui et son partenaire ont parlé de leur entreprise spécialisée dans le cannabis et de leur association avec Canopy Growth, une compagnie canadienne.

On a pu comprendre que Snoop est le visage de la marque tandis que son acolyte, évidemment moins charismatique, mais plus calé dans les questions techniques, est l’homme qui gère le tout.

Contrairement à d’autres conférenciers aux présentations plus axées sur les enjeux de la légalisation et de cette industrie émergente, Snoop nous a servi des anecdotes sur sa relation avec le «chronic».

Il a fait rire l’audience avec l’histoire de sa vieille tante qui utilise le CBD, un produit présent dans le cannabis, pour traiter ses douleurs et inflammations.

Il a parlé de sa volonté d’aider les personnes, disproportionnellement issues des minorités, qui sont incarcérées ou vivent des conséquences d’un dossier criminel relié au cannabis. 

Il s’est vanté d’être impossible à suivre dans la rotation d’un joint, à l’exception du légendaire Willie Nelson qui lui aurait servi une leçon de poteux.

À savoir ce qu’il pense de ceux qui prétendent que le cannabis est une porte d’entrée vers les drogues dures, il a expliqué avec humour que cette porte est fermée et barrée à double tour. Pour lui, c’est surtout la porte du frigo qui s’ouvre après un blunt.

On a appris que «Beautiful» est la chanson dont il est le plus fier parce que c’était la première fois qu’il rappait à propos des femmes avec un regard plus amoureux et positif.

En soirée, il a délecté les fêtards en arborant un chandail du tricolore pendant son DJ set.

Et voilà! C'en était pour le C2 Montréal 2018.

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Crédit photo : Louis Delisle

 

 

 

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