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Au service des banques

Oléoduc Trans Mountain
Photo courtoisie, Kinder Morgan Energy Partners - Archives

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L’acquisition du réseau d’oléoduc Transport Mountain par le gouvernement Trudeau a suscité de vives réactions, au point de déclarer celui-ci valet des pétrolières. Il faut toutefois reconnaître que les banques canadiennes auraient beaucoup à perdre si le projet de prolongement vers le Pacifique devait être abandonné. En fait, nous pourrions penser que c’est l’intérêt des banques qui préoccuppe le premier ministre, bien avant l’intérêt national.

En 2017, quatre banques canadiennes, en l’occurrence la RBC, la TD, la Scotia et la CIBC,  se classaient parmi les dix premières au niveau international pour ce qui est de l’investissement dans le domaine pétrolifère. Toutes ces banques, ainsi que la BMO se classaient également dans le peloton de tête pour ce qui est de l’augmentation de leurs investissements dans les énergies fossiles extrêmes comme entre autres, les sables bitumineux ou le pétrole arctique.

Nous comprenons rapidement que les banques canadiennes sont exposées à des risques élevées si ces énergies fossiles dont l’exploitation est fort dispendieuse, ne trouvent pas de débouchées sur des marchés extérieurs et plus particulièrement vers l’Asie. Il serait candide de croire que c’est strictement la première ministre Albertaine, Rachel Notley qui fait pression sur le premier ministre Trudeau. Les institutions financières ont trop à perdre et nous connaissons l’empressement du gouvernement libéral à l’égard des doléances des banques, au point où celui-ci était prêt à réduire les protections des consommateurs dans une loi pour les satisfaire.

Le gouvernement Trudeau se retrouve dans l’embarras avec ce dossier et l’a mené en amateur jusqu’à présent. Il s’est attiré les critiques de nombreux experts dans les domaines économiques et il heurte les groupes préoccupés de l’environnement. Il est difficile d’entrevoir un quelconque gain politique avec une conduite aussi erratique. Il faut croire que les banques ne lui ont pas donné d’autres choix, s’il veut pouvoir éventuellement compter sur leur complaisance.

Le premier ministre pourra continuer de pérorer sur les changements climatiques ou tout autre sujet de son crû pour avoir l’air progressiste, mais ses actions demeureront déterminer par les impératifs des banques. Après tout, il doit savoir à qui il est vraiment redevable.