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Ciel! Un salon du pot!

Je reviens tout juste de Toronto où se tenait le plus grand salon de l’industrie du cannabis, le Lift Cannabis Expo. Ça n’avait rien d’un salon du vice. C'était même pas mal plus plus sérieux qu’un congrès de la Fédération des journalistes du Québec.
Courtoisie Lift&Co -Raylin Miszczuk, Brill Communications. Je reviens tout juste de Toronto où se tenait le plus grand salon de l’industrie du cannabis, le Lift Cannabis Expo. Ça n’avait rien d’un salon du vice. C'était même pas mal plus plus sérieux qu’un congrès de la Fédération des journalistes du Québec.

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«Un salon du pot, je me demande pourquoi il n'y a pas de salon du tabac? Ou un salon pour les 'gamblers'? En fait, il ne devrait y avoir qu'un salon, celui du vice où tous ces petits vices (tabac, alcool, drogue, prostitution, jeux, etc) seraient mis en vedette et promus. Tant qu'à être ouvert, aussi bien l'être équitablement...»

Si on en croit ce lecteur, un salon du cannabis, c’est ben scandaleux. Il m'a laissé ce commentaire sur la page d'un récent articles dans lequel j’annonçais qu’il allait y avoir un salon de l’industrie du cannabis à Montréal, cet automne.

Un autre lecteur lui a fait remarquer : «Il y a plein de festivals de la bière, des vins fromages et pour le jeu tu as une exposition permanente : le casino.»

Un salon de l’industrie du cannabis c’est loin d’un rassemblement de poteux au Mont-Royal le 20 avril. Ça ressemble plus à un congrès de pharmaciens ou de dentistes, mais avec plus de hipsters.
  
Je reviens d’ailleurs tout juste de quatre jours à Toronto où se tenait le plus grand salon de l’industrie du cannabis en Amerique du Nord, le Lift Cannabis Expo. Ça n’avait rien d’un salon du vice.

La première journée était consacrée aux gens d’affaires. Il y avait des conférences sur les législations à venir, sur la vente en ligne, sur le marché mondial de cannabis, sur les façons d’investir.

Les jours suivants, il y a eu encore plus conférences mais aussi des kiosques et des personnes pour parler de leurs produits.

C’était pas mal plus sérieux qu’un congrès de la Fédération des journalistes du Québec quand Hugo Meunier est en forme.

Le Lift Cannabis Expo n’est pas un endroit pour magasiner son pot. Mais si je vous disais que pendant mon séjour: «on ne m'a jamais offert de cannabis, j’en ai jamais senti, je n'en ai même jamais vu», je ferais une Genevieve Jeanson de moi.

Pour tout vous dire, à l’extérieur du Palais de congrès de Toronto, il m’est arrivé de voir des hommes d’affaires fumer quelque chose qui semblait être du cannabis, du moins si je me fie aux descriptions qui ont été faites sur l'odeur du pot dans quelque ouvrage scientifique ou autres grimoires sans oublier le témoignage fiable de mon ami Snake-Mike.

Mais c’est pas mal ça. Et pour vous prouver qu’on apprend plein de choses pendant ces événements, voici quelques infos en vrac que j’ai glanées ici et là, le week-end dernier.

Hamilton est pas mal plus wild qu’on pense
Les dispensaires poussent comme de la mauvaise herbe à Hamilton. Depuis quelques mois, une cinquantaine de magasins ont pignon sur rue. On savait que Toronto et Vancouver étaient les villes où il y avait le plus de dispensaires, mais Hamilton? C’est quand même étonnant. À Montréal, on n’en compte qu’un seul. Ça vous donne envie de changer vos plans pour les vacances, hein? Le château d'un Dundurn a l'air d'un méchant must see!

Pour une fois, le Nouveau-Brunswick a une heure d’avance sur nous
On se demande tous à quoi ressembleront les succursales de la Société du cannabis du Québec (SQDC). La SAQ n’a pas encore rendu public son projet. Le Nouveau-Brunswick est en avance sur nous. Et il se trouve que les sociétés d’État des deux provinces ont beaucoup échangé à propos de leurs modèles de distribution. Si nos SQDC s'inspirent de NB Cannabis, voici à quoi les succursales pourraient ressembler. Plus de détails aussi dans cet article.

Je reviens tout juste de Toronto où se tenait le plus grand salon de l’industrie du cannabis, le Lift Cannabis Expo. Ça n’avait rien d’un salon du vice. C'était même pas mal plus plus sérieux qu’un congrès de la Fédération des journalistes du Québec.
Photo courtoisie, Alcool NB

 

MedMen, le Apple du cannabis

J’ai aussi parlé au vp de MedMen, Daniel Yi. C’est une compagnie américaine qui fait pousser du pot et qui possède des dispensaires aux États-Unis, notamment à Los Angeles et New York et pas n’importe où : sur le 5th Avenue avec les autres boutiques de luxe. Un petit joint de Jean-Guy (une sorte de cannabis très populaire au Québec) avec votre Louis Vuitton? La compagnie veut ouvrir des dispensaires au Canada, mais au Québec ce sera impossible puisqu'il n'y aura pas de vente au privé.

On compare souvent leurs magasins de pot à des Apple store et on comprend pourquoi. Jetez un coup d'oeil à leurs dispensaires.

Le dispensaire de l'entreprise MedMen sur la 5e avenue à New York
Courtoisie Samantha Deitch/BFA.com
Le dispensaire de l'entreprise MedMen sur la 5e avenue à New York
Le dispensaire de MedMen à Los Angeles
Le dispensaire de MedMen à Los Angeles
Le dispensaire de MedMen dans Orange County
Courtoisie
Le dispensaire de MedMen dans Orange County

• HEXO sur les tablettes de la SAQ

La compagnie québécoise Hydropthecary, qui a un contrat d'approvisionnement avec la SAQ, a lancé sa nouvelle marque HEXO pour les produits récréatifs. «Les gens ont de la difficulté à prononcer Hydropthecary, c’est un peu long et difficile à retenir», a expliqué directrice des ventes Sonia Isabel. Ce sera donc HEXO qui se trouvera sur les tablettes de la SQDC. Hydropothecary restera la gamme de produits thérapeutiques.

HEXO, la nouvelle marque de Hydropothecary, qui se trouvera sur les tablettes de la SQDC
HEXO, la nouvelle marque de Hydropothecary, qui se trouvera sur les tablettes de la SQDC

• Une chaire de recherche sur le cannabis sera créée à l’Université de Sherbrooke
J’ai aussi rencontré la gang de CannaSher. L’entreprise m’a expliqué qu’elle allait financer la création d’une chaire de recherche sur le cannabis à l’Université de Sherbrooke. Elle injectera 1,6 M$ et la chaire compte aller chercher d’autres sources de financement. Leurs recherches viseront surtout les différentes molécules du cannabis afin de mieux connaître ses vertues thérapeutiques.

• Le High tea ne sera plus le même
À propos des façons de consommer le pot, on en a vu de toutes les couleurs. Une compagnie veut commercialiser des jujubes au pot mais aussi de l’eau vitaminée et des Mr Freeze. Pour info, les produits comestibles seront légaux dans les 12 mois suivant la légalisation du cannabis.

J’ai aussi vu du thé au cannabis, du lubrifiant au THC (pour les quartiers de noblesse des dames), etc. Mais le produit d’avenir dont tout le monde parle est une boisson au cannabis qui produirait des effets quelques minutes après la consommation un peu comme la bière. Des entreprises travaillent sur ce concept. D'autres produits dans cet article.

Le thé au THC
Le thé au THC
Le lubrifiant au THC de High on Love
Le lubrifiant au THC de High on Love

Grosse semaine pour Canopy Growth
Deux grandes nouvelles pour le producteur de cannabis Canopy Growth. Tout d’abord, leur site de Mirabel (Les Serres Bertrand, un des plus grands producteurs de tomates au Québec) vient d'obtenir sa licence de Santé Canada. On compte donc 7 producteurs de cannabis au Québec...sur 104 au pays.

Le producteur a aussi réalisé une grosse prise : Mark Ware devient chef du service médical de Canopy. Il dirigera la recherche et sera responsable des projets éducatifs sur le cannabis. Mark Ware était le codirecteur du Réseau québécois de recherche sur la douleur à McGill. C’est lui qui a créé le registre québécois du cannabis médical (pour les patients et les docteurs qui prescrivent du pot). Il a aussi été directeur du Consortium canadien pour l’investigation des cannabinoïde et coprésident du groupe de travail sur la légalisation du cannabis qui a conseillé le gouvernement Trudeau pour le projet de loi C45. Bref, un monsieur très à jour dans le dossier pot.

L’application Brella est mieux que Tinder
J’ai découvert au Lift cannabis Expo l’application Brella qui permet de mettre en réseau les personnes qui participent à un même événement, comme un congrès. Ça devient hyper simple de voir qui assiste à la conférence et de se contacter pour ensuite aller discuter autour d'un café.
Je me suis inscrite en expliquant que j’étais une journaliste à la recherche de bonnes histoires. Ça m’a permis de rencontrer tellement de monde...c’est pas mêlant, je me sentais comme une fille 36DD sur Tinder qui ne cherche pas de relation sérieuse. DING DING DING.

 

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Le Buzz de la semaine

Vous êtes nombreux à poser des questions sur les emplois à la SQDC. Si vous souhaitez être informés, inscrivz-vous ici et la SQDC vous enverra un courriel lorsque les postes seront ouverts.

Le badtrip de la semaine

Le gouvernement veut étudier une privatisation potentielle de la SAQ, la CAQ s'engage à mettre fin au monopole de la vente d'alcool. Mais pour le pot, tous les partis s'entendent pour dire que c'est dangereux de permettre des projets pilotes de vente par le privé. Allez comprendre la logique!