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L’étonnante économie américaine

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Tout ne va pas mal au pays de Donald Trump. L’économie se porte bien, et c’est tant mieux pour les Américains (et pour nous). La politique n’y est pas étrangère, mais les liens de cause à effet vont plutôt dans le sens contraire.

Chaos à la Maison-Blanche, scandales, crise constitutionnelle, politique étrangère en perdition, et j’en passe. On pourrait croire que tout va mal aux États-Unis. Pourtant, l’économie va plutôt bien.

Elle ne va pas aussi spectaculairement que le prétend Donald Trump, pour qui les six années de croissance solide avant son arrivée au pouvoir ne comptent pas, mais l’économie va bien quand même.

C’est de bonne guerre pour le président et son parti de s’attribuer une partie du crédit pour cette performance, mais disons qu’il en met beaucoup.

Portrait positif, mais inégal

La croissance, l’emploi et la bourse allaient bien aux États-Unis quand Donald Trump est arrivé au pouvoir, et une des raisons qui expliquent la poursuite de ces tendances est le maintien de certaines politiques clés déjà en place.

Le virage à droite des républicains, qui ont sabré dans les réglementations et coupé les impôts et taxes des entreprises et des plus fortunés, a eu des retombées positives sur l’ensemble de l’économie, mais surtout au sommet.

Certaines entreprises qui engrangent d’énormes profits suite à la baisse du taux d’imposition corporatif en ont fait bénéficier une partie de leur main-d’œuvre, mais le réinvestissement dans la main-d’œuvre et l’équipement est moindre que prévu et concentré dans des secteurs déjà en forte croissance.

Même si Donald Trump continue de jouer la carte populiste, ce sont les patrons qui s’accaparent la plupart des bénéfices de ses politiques, mais ils savent que la fête ne durera pas indéfiniment.

Déjà, les milieux d’affaires craignent une poussée inflationniste et une hausse des taux d’intérêt provoquées entre autres par un endettement public injustifié.

Cette crainte est amplifiée par l’incertitude liée au tempérament imprévisible du président et à l’improvisation de ses politiques extérieures et commerciales, qui pourrait inciter plusieurs investisseurs à adopter des positions de repli qui ne favoriseraient ni l’emploi ni les marchés boursiers.

Effets prévisibles

Qu’est-ce que tout cela signifie pour la politique ? Depuis quelques mois, malgré la tourmente politique, la croissance économique a contribué à une modeste remontée de Trump dans l’opinion publique et un rétrécissement de l’avantage démocrate au Congrès.

L’impact des bonnes nouvelles économiques a toutefois été limité et les électeurs ont la mémoire courte. Pour l’élection de novembre, ce sont les prochains mois qui compteront vraiment.

Comme la croissance pourrait plafonner et qu’une certaine grogne risque d’accompagner le retard des hausses de salaire sur l’augmentation des prix (notamment celui du pétrole à la pompe), les récents gains des républicains pourraient être vite oubliés et la vague démocrate pourrait redevenir le tsunami que plusieurs républicains craignent déjà.

D’ici novembre, la politique américaine nous réserve des surprises.

L’économie aussi.