/portemonnaie/job
Navigation

Portraits inspirants : Ils ont quitté leur «9 à 5» pour se lancer en affaires

Si l’idée vous trotte dans la tête, voici une mine d’or de conseils et d’inspiration!

Frederic, Catia, Véronique et Kevin Reggie ont tous laissé tomber un emploi stable pour travailler à leur compte.
(Crédits photo) Haut/gauche : courtoisie, Haut/droite : courtoisie, Bas/gauche : Véronique Duplain, Bas/droite : Alannah Morrison Frederic, Catia, Véronique et Kevin Reggie ont tous laissé tomber un emploi stable pour travailler à leur compte.

Coup d'oeil sur cet article

Derrière la liberté et les opportunités que procure le fait d’être son propre patron, se cachent plusieurs défis. Afin de mieux comprendre les motivations et les enjeux de salariés qui ont quitté un bon emploi stable pour se lancer à leur compte, j’ai interrogé quatre personnes qui ont fait le saut.

  • Kevin Reggie Joseph : De conseiller en télécommunications à barbier, partenaire chez Damp's. (Instagram, Site web pour rendez-vous)
  • Catia Corr : De salariée à copropriétaire de son propre salon de coiffure, Le Artof. (Instagram de Catia, Facebook du salon)
  • Frederic Deshaies : De salarié en publicité et en médias à travailleur autonome. Pour finalement devenir propriétaire d’un espace de coworking sur la Rive-sud, le Hedhofis. (Facebook, SIte web)
  • Véronique Duplain : De gestionnaire dans le commerce au détail à photographe pigiste et artiste. (Facebook, Instagram)
Véronique, lors d'un de ses voyages
Véronique Duplain
Véronique, lors d'un de ses voyages

Pourquoi et comment as-tu décidé de laisser ton emploi stable?

Transformer une passion en carrière

Kevin Reggie «J’aime aider et travailler auprès du public, mais régler des problèmes de facturation ne satisfaisait pas mon côté artistique. J’ai donc transformé mon hobby de barbier en projet à temps plein. Du coup, je rends service et je rencontre du nouveau monde tous les jours!»

Faire évoluer une entreprise

Catia «Je voulais vivre le challenge d’être responsable d’une entreprise et de la faire évoluer avec une équipe et dans un espace à mon image.» 

Mettre sa famille en premier

Frederic «Après une séparation, je voulais avoir une garde partagée, mais mon travail ne pouvait pas se concilier à ma situation personnelle et ses contraintes. J’ai donc pris la décision de sacrifier un bon salaire et une job stable et valorisante afin de gérer mon horaire. Au début, je me suis souvent demandé pourquoi j’avais fait ça. J’avais la réponse tous les jours quand j’allais chercher mes gars à l’école.»

Suivre son instinct

Véronique «Dès le moment où j’ai eu la certitude que ma carrière n’était que temporaire. Je voulais être dans un domaine qui me ressemble plus et tout s’est un peu placé sur mon chemin.»

Même lors d'un voyage à Haïti, Kevin Reggie ne prend pas congé!
Courtoisie
Même lors d'un voyage à Haïti, Kevin Reggie ne prend pas congé!

Trouves-tu difficile de gérer ton temps et l’incertitude d’être ton propre patron?

Planifier pour les périodes creuses

Kevin Reggie «Je prépare mon budget pour le pire. Quand on est à son compte, économiser doit devenir un réflexe. Pour gérer mon temps, c’est simple puisque je fonctionne sur rendez-vous avec une application qui est synchronisée sur mon calendrier. C’est plutôt de trouver des moments de répit le vrai challenge.»

Se préparer à l’inconnu

Catia «J’ai rencontré de gros reality checks au début, mais ça m’a permis de me tester et de savoir si j’étais vraiment prête. L’incertitude et les obstacles te rendent plus forte. Tu ne comptes pas tes heures et tu rentres faire de la paperasse durant tes congés. Mais pas le dimanche, c’est la journée du Seigneur!» (note du rédacteur : on pense que Catia voulait dire brunch et netflix ici.)

Malgré les semaines bien remplies, Catia trouve tout de même le temps de s'amuser encore.
Courtoisie
Malgré les semaines bien remplies, Catia trouve tout de même le temps de s'amuser encore.

Faire preuve d’un peu d’optimisme aveugle et se structurer 

Frederic «La naïveté c’est ce qui m’a aidé. Je n’avais aucune idée dans quoi je m’étais embarqué. Je venais de me séparer et je n’avais rien en banque. Ceci dit, je ne travaillais pas plus longtemps, juste plus fort. Ma priorité a toujours été mes enfants. J’avais 2 «shifts» : père et travailleur. Je m’occupais de mes clients pendant les heures normales de bureau. Je montais mes soumissions après le dodo et les weekends quand les enfants étaient avec leur mère.» 

La ligne entre le travail et les voyages peut être mince quand on est photographe comme Véronique.
Véronique Duplain
La ligne entre le travail et les voyages peut être mince quand on est photographe comme Véronique.

Arrêter de remettre au lendemain

Véronique «Quand je travaillais pour une compagnie, après avoir punché out, c’était fini. Gérer soi-même son horaire, c’est aussi de ne pas compter ses heures et de combattre la procrastination. Ça a été une méchante adaptation!» 

Catia (au centre) avec ses partenaires et collègues du salon Le Artof
Courtoisie
Catia (au centre) avec ses partenaires et collègues du salon Le Artof

Pourrais-tu considérer de redevenir salarié(e) un jour?

Kevin Reggie «Non. Mais je ne dirais pas non à des vacances payées!»

Catia «Non. Mon entreprise est trop jeune. Je suis au meilleur de ma carrière et je suis fière de ce que j’ai réussi à créer et monter.» 

Frederic «Je ne pense pas. J’aurais un peu de difficulté à vivre avec les contraintes d’une job à temps plein avec un patron.»

Véronique «Peut-être. J’ai quitté la gestion pour me consacrer aux arts. Alors, si j’avais une opportunité dans ce domaine, je pourrais la considérer. Je gérais des équipes de 20 personnes et maintenant je travaille souvent seule, c’est donc un aspect qui me manque énormément. Mais justement, je compte me faire un studio de photo et m’entourer d’une équipe.» 

Frederic dans l'espace de coworking dont il est propriétaire
Frederic dans l'espace de coworking dont il est propriétaire

Comment fais-tu pour développer et gérer ta clientèle ou tes partenariats d'affaires?

Kevin Reggie «J’utilise principalement les réseaux sociaux. J’aime avoir des visuels attrayants qui démontrent la qualité de mes services. Pour un barbier, le bouche-à-oreille et Google sont vitaux. Plus je progresse, plus de gens et de compagnies veulent collaborer. C’est important de bien connaître ta valeur pour déterminer quelle opportunité en vaut la peine.»

Kevin et son nouveau coloc près de son barbershop à Notre-Dame-de-Grâce
Courtoisie
Kevin et son nouveau coloc près de son barbershop à Notre-Dame-de-Grâce

Catia «J’avais déjà une bonne clientèle qui me suivait sur mes réseaux sociaux ou qui m’ont retrouvée suite à des articles de journaux. Pour le salon, Instagram est une publicité gratuite qui donne beaucoup de visibilité.»

Frederic «Initialement, je me suis lancé dans un domaine que je connaissais bien. Je n’avais qu’à poursuivre ce que je faisais déjà. En pub, ton chiffre d’affaires est proportionnel à ton compte de dépenses. La grosse différence : ça sortait de ma poche maintenant quand je n’arrivais pas à closer un deal.

J’ai la grande fierté de toujours avoir payé chacun de mes fournisseurs dans un délai plus que raisonnable, mais j’ai eu à vivre avec des clients qui ne payaient pas. Les termes de paiements sont souvent difficiles à gérer pour un entrepreneur en démarrage. Je devenais le gars le plus fatigant avec les départements de comptabilité pour être payé, car si tu ne fais rien, tu te retrouveras au bas de la pile.» 

Véronique «Développer sa clientèle, c’est un peu comme un arbre qui pousse avec des branches qui se rajoutent aux branches existantes. Des fois, des branches se cassent, pis c’est correct.

Dans le monde artistique, on apprend vite que la visibilité, ça ne paye pas les bills. Je refuse donc les contrats qui ne payent pas, à moins que ça soit un échange de service qui fait mon affaire.» 

Rester dans sa zone de confort peut devenir paralysant!
Véronique Duplain
Rester dans sa zone de confort peut devenir paralysant!

Ta plus grande fierté? Ton plus beau moment depuis le grand changement?

Kevin Reggie «Recevoir du feedback de clients qui apprécient ce que je fais, ça n’a pas de prix.»

Catia «Des beaux moments, j’en vis à tout les jours. Quand je rentre au travail et que ma clientèle me dit à quel point elle est fière de moi. Quand on se fait approcher pour de grands évènements ou des influenceurs. Quand il y a des articles dans les journaux. Tout ça me met un sourire au visage et ça me rappelle pourquoi je l'ai fait.»

Frederic «Tous les moments que j’ai pu passer avec mes enfants parce que j’ai fait le choix de gérer mon horaire. La plupart des entreprises ne durent pas 5 ans. Ça fait maintenant 11 ans que je suis à mon compte, mon entreprise a évolué, elle a changé, mais elle est encore là.»  

Véronique «Voyager grâce à mon travail est ce qui me rend le plus fière. Un beau moment, c’était quand je regardais les aurores boréales du spa sur le balcon de ma chambre d’hôtel.»

Et voilà, faut pas avoir peur!
Véronique Duplain
Et voilà, faut pas avoir peur!

Le meilleur conseil que tu aurais à donner?

Kevin Reggie «Planifier et avoir une confiance aveugle en son projet.»

Catia «Vraiment bien se connaître, s’assurer d’être prête à tout et foncer. Même si on peut échouer, vaut mieux vivre des difficultés que des regrets!» 

Frederic «Ne pas trop y penser. Sur papier ça ne fera jamais de sens. Être prêt à travailler fort et vivre avec les incertitudes, car on ne sait jamais de quoi notre lendemain sera fait.» 

Véronique «Si une personne l’a déjà considéré, c’est que le projet est en branle. Qu’est-ce que t’attends?»

 

Suivez-nous sur
les réseaux sociaux