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Les agriculteurs à risque

Les agriculteurs à risque
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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

Craignant que l’odeur de fumier ne gêne les dignitaires qui participeront au G7, Québec et Ottawa ont demandé aux agriculteurs de Charlevoix de ne pas épandre de fumier entre le 1er et le 9 juin.

S’ils cessent « leurs opérations [cela] mettra à risque les rendements des agriculteurs », s’est inquiété le député péquiste André Villeneuve jeudi à l’Assemblée nationale.

Les faits

Une pause de 10 jours dans l’épandage d’engrais peut-elle vraiment compromettre la saison des agriculteurs ? Oui, estime la présidente de l’UPA Capitale-Nationale-Côte-Nord, Jacynthe Gagnon.

« Ils ne suivront pas la consigne. Pour les producteurs agricoles, c’est important, la rentabilité de leur entreprise », affirme-t-elle, précisant « qu’une semaine, ça fait la différence pour les semis ».

Elle estime que les agriculteurs auront terminé d’épandre, pour la plupart, vers le 6 juin, soit deux jours avant le début du G7. « S’il pleut pendant la nuit, il n’y a plus d’odeur le lendemain. »

Bayazid Adda, agronome et coordonnateur du Club agroenvironnemental de la Rive-Nord, estime aussi que si on attend trop, « ça peut compromettre les semis ».

« Une fois que le foin a une certaine hauteur, on ne peut pas appliquer le fumier », souligne-t-il.

De son côté, Lotfi Khiari, professeur en agronomie de l’Université Laval, ne partage pas ces inquiétudes. Il estime que « pour quelques jours, ce n’est pas de grosses contraintes » et que les producteurs agricoles pourraient attendre après le G7.