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Musée des arts décoratifs: un bijou à découvrir

Museo de artes Decorativas
Photo jacques lanctôt Museo de artes Decorativas

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Montréal a son Musée des arts décoratifs, maintenant annexé au Musée des beaux-arts, et La Havane a le sien, situé dans le quartier prestigieux du Vedado, au coin des rues 17 et E. Construit entre 1924 et 1927, cet édifice a conservé les principaux signes vitaux de la bourgeoisie cubaine de l’époque.

Érigée sur deux étages selon les plans de deux architectes français, la résidence appartenait à la comtesse Revilla de Camargo, mariée à un comte espagnol qui avait fait fortune dans le sucre. Lors de ses déplacements, elle était toujours accompagnée de deux domestiques qui transportaient son précieux butin, des kilos de saphirs, de rubis, d’émeraudes et de diamants, de peur qu’on les lui vole.

Le bois d’acajou est le seul matériau cubain utilisé dans la construction de ce palais, et encore, il a été traité en France. On peut encore admirer l’immense porte d’entrée et les fenêtres en bois précieux. Tous les autres matériaux ont été importés de France, d’Italie et de Belgique.

Une statue à
l’entrée du jardin
Photo jacques lanctôt
Une statue à l’entrée du jardin

 

La petite histoire

Deux semaines après le triomphe de la révolution, la comtesse et sa famille s’enfuirent à Miami, non sans avoir caché dans le sous-sol et les murs de nombreux trésors : toiles, bijoux et autres objets précieux. L’écrivain cubain Leonardo Padura en parle dans un de ses romans. On pensait que ce coup de théâtre ne durerait que quelques mois. La comtesse, amie de John F. Kennedy, semblait au courant que les États-Unis préparaient dans le plus grand secret un débarquement. Son neveu, demeuré sur place, s’enfuit lui aussi peu de temps après. Aussitôt, le palais fut nationalisé et transformé par la suite en musée, au bénéfice de tous les amateurs d’art. En 2003, il fut entièrement restauré. Il est sans doute le seul en Amérique latine à retracer l’histoire de la bourgeoisie des années folles.

Le musée présente vingt-trois collections et quelque trente-trois mille pièces différentes ayant appartenu à la royauté française, Louis XV, Louis XVI, et à Napoléon II, dont des céramiques et des porcelaines de Limoges, Sèvres, Chantilly, Meissen et d’autres provenant de Standforshire et de Wedgwood, en Angleterre. Aussi des meubles dessinés par les ébénistes français Boudin et Chevalier.