/investigations/transports
Navigation

Vague de départ à la direction du RTM

Près d’une centaine de cadres et employés affectés au transport collectif sont partis en moins d’un an

Depuis la semaine dernière, les wagons du Réseau de transport métropolitain (RTM) sont identifiés allo exo.
Photo d'archives, Zacharie Goudreault Depuis la semaine dernière, les wagons du Réseau de transport métropolitain (RTM) sont identifiés allo exo.

Coup d'oeil sur cet article

En moins d’un an d’activité, l’organisme qui gère les trains de banlieue et les autobus interurbains de la région de Montréal a perdu près de la moitié de sa haute direction, a appris notre Bureau d’enquête.

C’est une véritable saignée qui touche le Réseau de transport métropolitain (RTM), rebaptisé la semaine dernière exo.

Actif depuis juin 2017, le RTM a notamment succédé à l’Agence métropolitaine de transport (AMT).

Raymond Bachant, PDG du RTM
Photo d'archives, Toma Iczkovits
Raymond Bachant, PDG du RTM

Le RTM s’est retrouvé sur la sellette cet hiver en raison des nombreuses pannes de service. Son directeur général, Raymond Bachant, a également vendu en février les actions de Bombardier qu’il détenait après les questions soulevées sur ses risques de conflits d’intérêts avec l’entreprise, qui exploite et entretient son réseau.

Les résultats d’une demande d’accès à l’information démontrent que 94 employés et cadres ont été congédiés ou ont démissionné du RTM pendant ses neuf premiers mois d’activité.

À titre comparatif, seulement 19 personnes sont parties de l’AMT durant ses cinq derniers mois d’activité.

Au total, cinq membres de la garde rapprochée de M. Bachant ont quitté leurs fonctions ou ont été forcés de le faire, indiquent les documents obtenus. Deux se sont partagé des indemnités de départ d’un peu plus de 130 000 $.

Normal

Questionné à ce sujet, l’ex-RTM a répondu qu’il était normal que M. Bachant ait dû remplacer près de la moitié des 12 directeurs exécutifs qui le secondent.

« Depuis la création du RTM, le 1er juin 2017, cinq directeurs exécutifs ont été remplacés. Ce renouvellement nous apparaît comme normal dans un contexte de transformation organisationnelle », a déclaré la porte-parole, Caroline Julie Fortin.

Parmi eux se trouve Stéphane Lapierre, qui était responsable des opérations. M. Lapierre avait été auparavant vice-président des opérations à l’AMT.

Départs

Les informations transmises par l’organisme indiquent que 58 employés et 11 cadres ont démissionné depuis juin 2017.

Durant la même période, 20 employés et quatre cadres ont été congédiés. Aucune information n’a été donnée sur le nombre de congédiements et de démissions dans la haute direction.Il n’a pas été possible de connaître les dédommagements versés aux employés et autres cadres qui ne font pas partie de la haute direction.

Selon le rapport annuel du RTM, au 31 décembre 2017, ses effectifs se composaient de l’équivalent de 492 employés à temps complet.

Le gros prix pour des relations publiques

En un an d’activité, le Réseau de transport métropolitain a engagé tout près d’un demi-million de dollars dans des opérations de communication et de marketing en tous genres, a constaté notre Bureau d’enquête.

L’entreprise Sid Lee, retenue pour créer la nouvelle image de marque de l’organisme exo, a obtenu un contrat totalisant 434 176 $, indique la réponse à une demande d’accès à l’information.

En plus de concevoir la nouvelle identité du RTM, la tâche de Sid Lee incluait un mandat de communication générale, de marketing et de design.

Le cabinet de communication National a également obtenu des mandats, un premier d’un maximum de 20 000 $, en octobre, et un deuxième estimé à 24 700 $, en février.

L’équipe des communications du RTM compte une directrice exécutive et au moins deux conseillères.