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Effets visuels: une pause en 2017

L’industrie reprend son souffle après des années de forte croissance

Benoit Touchette
Photo PIERRE-PAUL POULIN « On se fait de plus en plus connaître par Sony, Amazon et Netflix », se réjouit Benoit Touchette de MELS.

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L’industrie montréalaise des effets visuels marque une pause dans sa croissance effrénée : elle a enregistré un premier recul de son volume d’affaires l’an dernier.

La vingtaine de studios de la métropole a généré des contrats de 262 M$ en 2017, contre 278 M$ en 2016. Il faut dire que depuis 2009, l’industrie connaissait une progression exceptionnelle de plus de 25 % par année.

« On s’est stabilisés », affirme Romain Paulais, directeur du secrétariat de la Grappe audiovisuelle, qui fait partie du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec.

Quelque 18 400 plans (images) d’effets spéciaux ont été réalisés à Montréal l’an dernier (c’était plus de 21 600 en 2016) pour 166 productions nationales et internationales (187 en 2016).

Croissance

« On pense que la croissance va repartir dès l’an prochain parce qu’il y a des studios implantés au Québec qui ont des projets d’expansion », dit M. Paulais.

De plus, Double Negative, l’une des plus importantes multinationales dans le domaine des effets visuels, vient de s’implanter à Montréal. Trois autres entreprises étrangères doivent bientôt s’installer dans la métropole, dont Mill Film et Scanline.

« Nous avons maintenant vraiment un écosystème très complet, souligne Romain Paulais. Il y a des studios de petite taille et de gros joueurs internationaux, alors ça nous permet de prendre en charge des films de toute envergure, des films d’auteur aux blockbusters américains. »

Même si les revenus de l’industrie ont diminué, ceux de plusieurs studios ont augmenté. C’est le cas de MELS, la filiale de Québecor spécialisée dans la production cinématographique et télévisuelle.

MELS a notamment travaillé sur Philip K. Dick’s Electric Dreams et The Get Down, des séries produites par Sony diffusées par Amazon Video et Netflix aux États-Unis.

« Il y a tellement de téléséries qui se font maintenant ; pour nous, c’est une manne », constate Benoit Touchette, directeur des effets visuels chez MELS.

Une bonne cuvée

L’année 2017 a été marquée par l’Oscar des meilleurs effets visuels remporté par le film Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve. Une grande partie des images de synthèse du film a été réalisée par le studio montréalais de la firme britannique Framestore.

Les artisans d’ici se sont aussi illustrés sur des films comme Star Wars : Les Derniers Jedi de Rian Johnson, Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson et Hochelaga, terre des âmes de François Girard.

Autrefois confinés aux films d’action et de science-fiction, les effets spéciaux sont aujourd’hui partout.

« Il y a très peu de productions dans lesquelles il n’y a pas du tout d’effets visuels », relève Romain Paulais.

Avec plus de 2600 salariés, Montréal se classe dans le peloton de tête du secteur des effets spéciaux aux côtés de Londres, Los Angeles, Vancouver et Wellington, en Nouvelle-Zélande.