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La science expliquée grâce à Tintin

Avant-gardiste, Patrice Harvey a été l’un des premiers enseignants de la Côte-Nord à utiliser le tableau blanc interactif. Plus récemment, il a fait des démarches avec une collègue afin de doter sa classe de tablettes, qu’il utilise régulièrement.
Photo Daphnée Dion-Viens Avant-gardiste, Patrice Harvey a été l’un des premiers enseignants de la Côte-Nord à utiliser le tableau blanc interactif. Plus récemment, il a fait des démarches avec une collègue afin de doter sa classe de tablettes, qu’il utilise régulièrement.

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BAIE-COMEAU | En franchissant la porte de la classe de Patrice Harvey, on comprend en un clin d’œil que ce prof passionné fait plus qu’enseigner les sciences: avec Tintin et le professeur Tournesol pour alliés, il stimule la curiosité intellectuelle des élèves et leur apprend la persévérance.

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Pour M. Harvey, l’enseignement va bien au-delà de la matière. «Les sciences, c’est un prétexte pour qu’on soit ensemble, c’est ma porte d’entrée. Je ne fais pas des sciences, je fais de l’éducation», explique-t-il.

Dans sa classe, où l’univers de Tintin occupe une grande place, l’échec n’est pas une option, peut-on lire en gros caractères au-dessus du tableau blanc. Les plus distraits qui lèvent les yeux au plafond peuvent aussi s’inspirer de citations de scientifiques renommés. Lorsqu’il enseigne, M. Harvey tient souvent dans ses mains une tasse à café où est inscrit: «J’enseigne aux leaders de demain.»

«C’est vraiment un super prof, il fait tout pour qu’on réussisse», affirme Marie-Pierre, une de ses élèves.

M. Harvey explique qu’il mise beaucoup sur l’autonomie de ses élèves. «Ils apprennent tout seuls, leur assistant est l’élève qui est assis à côté d’eux et, moi, je suis le back-up, dit-il. Je ne donne pas de réponse, je donne des indices. Ce sont eux qui doivent trouver les réponses.»

Lors du passage du Journal, les élèves devaient visionner sur une tablette des vidéos scientifiques avant de remplir un questionnaire sur le système solaire. Ils étaient si absorbés dans leur travail qu’on aurait pu entendre une mouche voler. «Le perturbateur, dans la classe, c’est moi», lance en riant M. Harvey, qui ponctue ses cours d’une bonne dose d’humour au quotidien.

Un prof qui fait partie des meubles

Patrice Harvey enseigne depuis 32 ans, dont 28 à la Polyvalente des Baies de Baie-Comeau, où il a lui-même terminé ses études secondaires. «Je fais partie des meubles, ici», glisse-t-il, avant d'être interpellé, pendant la pause, par une élève qui voulait lui apprendre une bonne nouvelle.

Pour le directeur Ken Bouchard, il s’agit d’ailleurs d’une des grandes forces de cet enseignant: il est attentif à ses élèves et s’intéresse réellement à ce qu’ils vivent. «Son objectif, c’est que ses élèves aiment les sciences, mais aussi l’école. Il veut que ses élèves tripent», ajoute-t-il.

Avant-gardiste, Patrice Harvey a été l’un des premiers enseignants de la Côte-Nord à utiliser le tableau blanc interactif. Plus récemment, il a fait des démarches avec une collègue afin de doter sa classe de tablettes, qu’il utilise régulièrement.
Photo Daphnée Dion-Viens

M. Harvey a d’ailleurs été à plusieurs reprises lauréat du prix de la «Gougoune d’or», décerné chaque année par les finissants à l’enseignant les ayant le plus marqués au cours de leur secondaire.

Au fil des ans, il a aussi agi comme mentor auprès de plusieurs futurs enseignants, à qui il a transmis son code de conduite personnel, le «code P3», une série de règles qui guident sa gestion de classe. «Je n'en ai pas, de problème, en classe. C’est facile, je suis heureux», dit-il.

Le trac à la rentrée

Or, malgré ses nombreuses années d’expérience, M. Harvey a toujours et encore le trac avant chaque rentrée scolaire, raconte-t-il. Il «veut faire bonne impression» et ne veut pas «manquer son coup» auprès des nouveaux élèves.

Même s’il vit de nombreux «moments de grâce» en classe avec ses jeunes «impliqués» qui apprennent «à la vitesse de la lumière», il prendra sa retraite en décembre.

«J’ai encore le feu sacré, ça brûle! Mais je pars pour laisser la place, pour qu’un jeune prof se fasse une place au soleil, malgré tous les nuages qu’il peut y avoir.»

Jusqu’à la fin, il continuera de se lever le matin en se disant: «Let’s go, on s’en va jouer à l’école.» «Il y a des journées où la game est plus difficile, mais on va jouer quand même. C’est un cliché, mais je le dis quand même: je fais nettement la plus belle job au monde, pour moi.»

PATRICE HARVEY

  • 32 années d'expérience
  • Polyvalente des Baies, Baie-Comeau

Si vous étiez ministre de l’Éducation, que changeriez-vous?

«Je voudrais qu’on fasse plus pour les jeunes, pour l’éducation. Qu’on ait plus de moyens et de meilleures façons de faire.»